Un nouveau chapitre s'ouvre dans le long feuilleton autour de l'aéroport de Fontarabie, officiellement appelé aéroport de Saint-Sébastien. Lundi 19 mai, le maire d'Hendaye, Kotte Ecenarro, accompagné de sa première adjointe Chantal Kehrig-Cottençon, a rencontré les services de l'État, dont le préfet, le sous-préfet et la Direction générale de l'aviation civile, pour discuter des conditions de survol de la commune par les avions desservant l'aéroport espagnol. L'objectif était de trouver des solutions pour réduire les impacts sur la sécurité et la qualité de vie des habitants.
Une colère grandissante
Depuis plusieurs années, la colère monte dans plusieurs quartiers de cette cité frontalière. En cause : une grande majorité des avions qui décollent ou atterrissent de l'autre côté de la Bidassoa effectuent une boucle au-dessus de la France et d'Hendaye pour éviter les montagnes espagnoles, alors même qu'ils se dirigent principalement vers le sud. Ce détour entraîne des nuisances sonores, des vibrations et l'émission de particules fines. Mi-2025, une pétition intitulée « Stop aux survols de l'aéroport de Saint-Sébastien » avait été lancée et rassemble aujourd'hui près de 1 400 signatures.
Un décret existant mais non respecté
Pourtant, un décret franco-espagnol datant de 1992 encadre les conditions de survol du territoire français par les avions de l'aéroport de Fontarabie, afin d'éviter que les opérations aériennes ne portent atteinte aux populations françaises. Ce décret prévoit notamment :
- L'interdiction du survol des communes d'Hendaye et Béhobie entre 22 heures et 7 heures 30 (article 4).
- L'interdiction du survol à une altitude inférieure à 300 mètres (article 5).
- Un indicateur visuel de pente d'approche fixé à 4° (article 5).
- Une limitation à 24 avions par jour pour le trafic d'aviation commerciale (annexe I).
Malgré ces dispositions, les observations des riverains hendayais suggèrent qu'elles ne sont pas respectées. Fin janvier, le conseil municipal d'Hendaye avait adopté à l'unanimité un texte adressé au préfet des Pyrénées-Atlantiques, réclamant une étude d'impact environnementale et sanitaire pour vérifier le respect de cet accord.
Vers une évolution du décret ?
Lors de la réunion du 19 mai, la Direction générale de l'aviation civile a rappelé que des contrôles sont effectués depuis 2025 pour vérifier le respect des critères du décret : hauteur de survol, pente observée lors des phases d'atterrissage et de décollage, et nombre de mouvements journaliers. Une réunion de la commission mixte intergouvernementale des Pyrénées, une concertation bilatérale entre les services de sécurité de l'aéroport et les autorités françaises de la Sécurité civile, doit se tenir dans l'année pour statuer sur la régularité de la situation et décider si une évolution de l'accord de 1992 est nécessaire.



