Radon à La Poste du Pont-de-Montvert : 120 personnes mobilisées contre une fermeture d'un an
Radon : 120 personnes contre la fermeture de La Poste

Cent vingt personnes se sont rassemblées mercredi 19 août 2026 à 10 heures devant le bureau de poste du Pont-de-Montvert, en Lozère. Habitants, élus, commerçants et vacanciers ont répondu à l'appel d'Isabelle Servière, à l'origine de cette mobilisation contre la fermeture annoncée pour au moins un an de l'établissement en raison de concentrations de radon, un gaz radioactif.

Une mobilisation qui dépasse le seul village

« On est nombreux ce matin et c'est super », s'est réjouie Isabelle Servière, cliente de La Poste et de La Banque postale. Elle exprime toutefois son inquiétude : « Pour les vacanciers, les permanents, les semi-permanents, les commerçants, tout le monde a besoin de conserver les services publics. » Elle ne cache pas ses doutes sur la promesse de réouverture : « Qu'on ait peut-être tort de ne pas faire confiance à la direction de La Poste et que, dans un an, ça rouvre… Mais moi, je n'y crois pas une seconde. »

Le bureau dessert non seulement les habitants du Pont-de-Montvert, mais aussi les usagers des alentours, ce qui élargit l'impact de la fermeture.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des résultats d'analyses réclamés par le maire

Stéphan Maurin, maire de Pont-de-Montvert-Sud-Mont-Lozère, ne remet pas en cause la nécessité de protéger agents et usagers face au radon. Il réclame en revanche « la transparence ». Selon lui, les résultats définitifs des analyses n'ont toujours pas été transmis à la communauté de communes, propriétaire des locaux. « Nous voulons connaître les résultats précis des mesures, comprendre les travaux qui seraient nécessaires, leur calendrier et leurs justifications », déclare-t-il.

L'élu rappelle que le bâtiment est récent et a bénéficié d'investissements importants. Il demande surtout « la garantie que cette fermeture annoncée pour un an ne constituera pas demain une fermeture définitive qui ne dirait pas son nom ».

La méthode de La Poste critiquée

Pierre Bonnet, président de la communauté de communes Des Cévennes au Mont Lozère, espère également une fermeture « transitoire ». Il regrette la méthode : « On a reçu un courrier comme quoi La Poste fermait son établissement du fait du radon. Nous n'avons même pas été mis dans la boucle en préalable. » La collectivité a depuis écrit à la direction départementale de La Poste.

Stéphan Maurin insiste sur une fonction moins visible du bureau : celle de La Banque postale. Il rappelle sa mission particulière d'accessibilité bancaire et la possibilité d'effectuer sur un livret A un retrait à partir de 1,50 euro, contre 10 euros dans les autres établissements. « Ce détail peut sembler dérisoire, il ne l'est absolument pas. Pour quelqu'un qui vit avec très peu de ressources, pouvoir retirer quelques euros, disposer d'un service bancaire de proximité et effectuer les opérations nécessaires à la perception de ses revenus ou de ses prestations est essentiel », souligne-t-il.

Des soupçons sur le calendrier et la stratégie du groupe

Guillaume Martin, représentant de la CGT et facteur, trouve le calendrier suspect : « Quand on fait des analyses en fin d'année dernière et qu'on a les résultats au mois de mars, pourquoi a-t-on attendu de fermer au mois de juillet ? La ficelle me paraît un peu grosse. » Il met cette décision en parallèle avec la stratégie du groupe La Poste et sa recherche de rentabilité : « Le courrier, on n'en veut plus, les bureaux de poste de moins en moins, et on veut garder le colis, la banque et l'assurance. » Il affirme également que d'autres bureaux cévenols seraient menacés et appelle à poursuivre la mobilisation.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Sophie Pantel, députée de la Lozère, présente au rassemblement, dit avoir saisi la présidence nationale de La Poste, sa direction régionale, le préfet ainsi que Jean-Paul Pourquier, président de la commission départementale de présence postale territoriale. « Pour le moment, zéro réponse de personne », regrette-t-elle. Ancienne maire du Pont-de-Montvert lorsque le bâtiment avait été rénové, elle estime que des travaux simples pourraient permettre de répondre au problème : installation d'une VMC et de barreaux aux fenêtres afin de pouvoir aérer tout en respectant les contraintes de sécurité liées à la présence de numéraire. « L'urgence, c'est vraiment ça, pour qu'il ne puisse plus y avoir ce prétexte du radon », estime-t-elle.

Une pétition circule désormais dans le village et en ligne. Pour Isabelle Servière, les 120 personnes réunies constituent déjà un premier signal : « Il y a des élus, des commerçants, des vacanciers. Tout le monde s'est mobilisé. » Avec une même exigence : que la fermeture annoncée pour un an ne devienne pas définitive.