Moins de deux semaines après avoir voté pour la poursuite du projet de piscine communautaire à Montpon-Ménestérol, la Communauté de communes Isle Double Landais a fait marche arrière. Réunis mardi 26 mai à Eygurande-et-Gardedeuil, sous la présidence de Samuel Coustillas, les élus se sont prononcés contre par 23 voix. Trois se sont abstenus et trois ont voté pour. « On ne va pas revoter une troisième fois », avait prévenu Samuel Coustillas. Pierre Marceteau, le nouveau maire de Montpon-Ménestérol, siégeait à ses côtés. Après s’être prononcé favorable au projet avec son équipe, il avait demandé sa remise à l’ordre du jour.
L’ancienne maire persiste
Ce vote constitue le dernier rebondissement d’un dossier engagé sous la précédente mandature et la présidence de Jean-Paul Lotterie. Absente, Rozenn Rouiller, ancienne maire de Montpon, avait confié son pouvoir pour voter de nouveau en faveur de la piscine.
Samuel Coustillas a défendu la nouvelle délibération au nom de la responsabilité collective : « Il est important de prendre le temps de la réflexion sur des dossiers très sérieux tels que la piscine. » Le président a rappelé le travail d’analyse mené depuis le début du mandat : réunions techniques, étude interne, puis recours à un cabinet privé. Il a évoqué un déficit d’exploitation estimé à 640 000 euros par an alors que les services communautaires sont sous tension : difficultés de ressources humaines, centre de loisirs de Moulin-Neuf contraint de fermer deux mois l’été, voirie à entretenir… « On met en danger nos agents et nos services », a souligné le président, estimant que la priorité devait être de renforcer l’existant. « Si on faisait la piscine, on ne ferait pas tout cela », a-t-il résumé.
« En trois heures de temps, on m’avait demandé de prendre position sur un imaginaire collectif »
Dominique Leconte, maire de Saint-Martial-d’Artenset et vice-président, est également intervenu dans ce sens. Selon lui, « ce n’est pas ce type de projet qui est fédérateur ». Il a invité les élus à s’interroger sur « l’utilité sociologique » d’un tel équipement, au regard des enjeux actuels.
« Mal réfléchi »
Certains, dont Pierre Marceteau, ont toutefois évoqué la nécessité d’ouvrir une nouvelle réflexion autour d’un équipement aquatique plus adapté aux réalités du territoire et à ses contraintes financières. Le maire de Montpon a expliqué son revirement. « En trois heures de temps, on m’avait demandé de prendre position sur un imaginaire collectif », a-t-il déclaré. Il estime que « ce projet a été mal réfléchi au niveau du fonctionnement ». Il a annoncé qu’il voterait contre, cette fois.
Jacques Gambro, maire d’Échourgnac, a lui aussi reconnu avoir évolué : « Toute cette étude m’a fait changer d’avis sur la piscine. J’avais voté pour avec l’ancien président car tout ce travail d’analyse n’avait pas été fait. » Si le projet de piscine communautaire est désormais abandonné, la question de l’accès à la natation reste posée. Un accord est en cours de construction avec la Communauté d’agglomération du Libournais (Cali) autour de la piscine couverte de Saint-Seurin-sur-l’Isle (33), située à une quinzaine de kilomètres, pour maintenir l’apprentissage de la nage et proposer des tarifs accessibles.



