Un accord secret pour une transition de pouvoir à mi-mandat
Les coulisses de la Communauté de communes Maremne Adour Côte Sud (Macs) sont le théâtre de négociations intenses. Alors que les résultats des élections municipales sont désormais connus dans toutes les communes membres, un accord aurait été trouvé entre l'actuel président, Pierre Froustey, et Régis Gelez, maire de Saint-Vincent-de-Tyrosse. Cet arrangement prévoirait une passation de pouvoir à mi-mandat, une manœuvre politique qui reste à faire valider par les délégués communautaires en vue de l'élection cruciale du 9 avril 2026.
La stratégie de Pierre Froustey pour un nouveau mandat
Pierre Froustey, réélu maire de Vieux-Boucau, affiche une confiance mesurée malgré un contexte électoral en mutation. Il souligne que les équilibres politiques n'ont pas été fondamentalement bouleversés. « Il n'y a pas eu de bouleversement des équilibres », explique-t-il, citant les changements à Soustons et Moliets-et-Maâ, où Philippe Saint-Martin et Dominique Graire ont remporté la victoire, ainsi qu'à Soorts-Hossegor avec l'élection d'Olivier Bégué. Il précise cependant que ces alternances ne modifient pas la famille politique dominante.
Dans la plupart des autres communes, le statu quo prévaut : Louis Galdos à Capbreton, Régis Gelez à Saint-Vincent-de-Tyrosse, Jean-François Monet à Bénesse-Maremne, et Stéphanie Chessoux à Labenne conservent leurs mandats. Froustey estime qu'un candidat concurrent, même issu du centre-droit, serait minoritaire au sein de l'assemblée communautaire. La véritable menace pourrait plutôt venir d'une candidature au sein de l'actuelle majorité, une hypothèse qui suscite des interrogations.
Les ambitions de Régis Gelez et les termes de l'accord
Régis Gelez, réélu maire sans opposition, ne cache pas ses ambitions pour la présidence de la Macs. Cependant, il affirme ne pas être candidat « pour l'heure ». Il révèle qu'un accord a été trouvé au sein du Parti socialiste : « Des accords ont été trouvés au sein du Parti socialiste et, s'ils sont respectés, je n'irai pas ». Cet accord stipule que Pierre Froustey se présente seul à la présidence, mais s'engage à effectuer une passation de pouvoir à mi-mandat en faveur de Gelez. En attendant, ce dernier briguera une vice-présidence.
Pierre Froustey a confirmé cet arrangement, insistant sur la continuité administrative avec le maintien du directeur général des services jusqu'à la transition. « Il s'agissait d'assurer une transition en douceur », déclare-t-il, évoquant son mandat et demi depuis octobre 2017. Il souhaite poursuivre trois années supplémentaires pour renforcer le Centre intercommunal d'action sociale, travailler sur le projet universitaire et le pôle d'échange multimodal.
Régis Gelez ajoute que l'accord inclut un changement de direction générale à mi-mandat, nécessaire pour adapter le fonctionnement et le style de la présidence. « Un changement de président impose un nouveau fonctionnement et un nouveau style », précise-t-il.
Les défis de la gouvernance et les équilibres à trouver
Pierre Froustey décrit la présidence de la Macs comme un poste d'équilibriste, exigeant et particulier. « Il faut pouvoir faire le lien entre toutes les familles politiques », note-t-il, soulignant la diversité des communes et les sujets délicats comme l'attractivité du territoire et la sobriété foncière. Il met en avant les performances de la communauté de communes, avec 98 % des décisions votées à l'unanimité et des investissements de 140 millions d'euros dans des dossiers structurants.
La composition de la vice-présidence pose également des défis, avec six des neuf vice-présidents ne repartant pas. « Une nouvelle gouvernance doit en effet être mise en place », explique Froustey, évoquant la nécessité de trouver des équilibres entre les communes, les compétences et les disponibilités des élus. Il reste prudent face aux promesses de campagne de certains candidats, rappelant que les élections municipales sont aussi un moment pour bâtir des projets, réalistes ou non.
Les réactions et l'avenir incertain
L'annonce de cet accord risque de susciter des réactions contrastées parmi les délégués communautaires. Certains salueront la transparence de la démarche, tandis que d'autres dénonceront des arrangements « d'arrière-boutique » entre membres de la même famille politique. Pierre Froustey garde la tête froide, conscient que l'avenir tranchera lors du vote du 9 avril 2026. Les discussions se poursuivent à la veille des conseils municipaux d'installation, et la valse des vice-présidents s'annonce complexe.
En définitive, cet accord de passation à mi-mandat illustre les subtilités de la politique intercommunale, où les équilibres et les transitions doivent être négociés avec soin pour assurer la stabilité et la continuité des projets territoriaux.



