Orthez : les candidats face au scénario d'une désinformation paralysant la mairie
Orthez : les candidats face à la désinformation paralysante

Orthez : les candidats face au scénario d'une désinformation paralysant la mairie

Dans le cadre de sa série de scénarios d'anticipation, le journal Sud Ouest a soumis aux quatre candidats au siège de maire d'Orthez des situations de crise particulièrement plausibles. Après avoir exploré divers contextes de pandémie, d'instabilité gouvernementale et de flambée des prix de l'énergie, notre rédaction se penche aujourd'hui sur leurs réactions face à un troisième épisode inquiétant : une campagne de désinformation massive qui paralyserait les travaux municipaux.

Un scénario crédible de désinformation municipale

Imaginez : mercredi 20 février 2030. Le Conseil municipal d'Orthez suspend ses travaux budgétaires essentiels face à une campagne de désinformation d'une ampleur inédite, orchestrée par l'énigmatique entité « Le Vox ». Depuis plus d'un an, cet influenceur anonyme diffuse quotidiennement des vidéos virales ciblant spécifiquement la municipalité.

Les publications du Vox, diffusées sur les réseaux sociaux sous le nom « Infos d'ici », mélangent habilement deepfakes, documents falsifiés et récits conspirationnistes. Récemment, un montage réalisé par intelligence artificielle a particulièrement accusé l'adjoint à l'urbanisme et compromis le nouveau projet de rénovation de la place du Foirail. Les conséquences sont immédiates : les vues explosent, l'opinion publique s'enflamme et une défiance généralisée s'installe parmi les habitants.

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La direction de la communication de la commune consacre désormais plus de 80% de son temps à démentir les publications d'Infos d'ici, et le Conseil municipal a dû suspendre le vote crucial du budget, faute de conditions de travail sereines.

Les réactions des candidats face à cette menace

Éric Delteil, candidat de gauche, sourit d'abord face à ce scénario qui pourrait sembler relever de la science-fiction. « Il est vrai que les influenceurs, comme les hackers, s'en prennent déjà aux services publics comme les hôpitaux, les pompiers ou les mairies », constate cependant le sexagénaire. Face à une telle campagne, il saisirait immédiatement la justice par une plainte officielle. Pour se protéger durablement, Éric Delteil doterait la commune d'un service communication professionnel renforcé, chargé de surveiller toutes les dérives dans l'espace numérique.

« On répond aux intox tout simplement par de la transparence », estime l'élu actuellement dans l'opposition. Il prévoit des comptes rendus réguliers de l'action municipale diffusés à la population, et place ce service communication sous l'autorité collective du Conseil municipal, au service de tous les groupes politiques.

Des approches différentes pour un même défi

Jeanne Lamazère-Destugues, actuelle adjointe à l'éducation et dauphine d'Emmanuel Hanon, souligne qu'un service communication existe déjà à Orthez. Elle n'envisage pas de le renforcer structurellement, mais compte nommer un élu spécifiquement en charge de cette mission. « Le maire d'Orthez, ce n'est pas le président de la République ! », commente-t-elle, exprimant ses doutes sur la plausibilité d'une telle crise dans une commune de cette taille.

Pourtant, comme le rappelle un récent rapport de Reporters sans frontières, les campagnes de désinformation ciblant les élections municipales se multiplient en France, souvent relayées par de faux sites d'actualité locale imitant les médias régionaux.

Benjamin Moutet, quant à lui, privilégie une approche proactive. « Ce n'est pas face au mur qu'il faut réagir », estime le chef d'entreprise. Il milite pour le maintien d'une presse indépendante et professionnelle sur le territoire, considérant que la présence de journalistes constitue la meilleure parade contre la désinformation. Sa solution innovante : mobiliser ses 33 colistiers, voire tous ceux qui ont travaillé avec eux, pour maintenir un lien direct et régulier avec les Orthéziens.

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Transparence affichée contre transparence réelle

Nicolas Cresson, candidat du Rassemblement national, assure que ce scénario catastrophe n'arrivera pas si les électeurs lui confient les clés de la mairie. « La communication de l'action municipale fait partie intégrante de notre programme », explique-t-il. Il entend diffuser les conseils municipaux en direct sur les réseaux sociaux et moderniser le site Internet de la Ville pour y publier l'intégralité des documents municipaux.

« Quand vous êtes en transparence, vous n'avez pas à vous inquiéter des fake news », plaide-t-il. Une volonté de transparence qui, paradoxalement, ne l'a pas conduit à publier les noms et photos de ses 32 colistiers dans la presse locale, soulevant des questions sur la cohérence de son approche.

Alors que le mandat municipal qui s'achève a été rythmé par des crises mondiales aux impacts locaux, celui qui débutera fin mars en connaîtra probablement d'autres. La capacité des futurs élus à faire face aux nouvelles menaces, notamment numériques, pourrait bien déterminer le succès de leur action pour les Orthéziens.