Orthez : un accord à 588 000 € pour réparer un effondrement dû à un forage de GRDF
Orthez : accord à 588 000 € pour réparer un effondrement

Un forage non autorisé à l'origine d'un effondrement coûteux à Orthez

Les élus orthéziens ont demandé ce mardi 10 mars au public et à la presse de quitter la salle pour délibérer en huis clos. Cette décision controversée a été prise pour adopter un protocole d'accord transactionnel visant à réparer les dégâts causés par un forage réalisé sans autorisation par un prestataire de GRDF en octobre 2024. Le montant global de l'opération s'élève à 588 000 euros.

Un an et demi de perturbations et de négociations complexes

Le forage de 120 mètres de profondeur, interrompu à 70 mètres en raison d'arrivées d'eau massives, a provoqué d'importants désordres jusqu'à la surface sur l'avenue du Pesqué. L'effondrement a touché l'éclairage public et le réseau d'eau potable, menaçant toujours la chaussée de la RD 9. Une signalisation est en place depuis, créant un goulet d'étranglement qui perturbe la circulation.

Patrice Laurent, président de la Communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO), explique : « De nombreuses études et estimations ont été réalisées, et l'accord a été très compliqué à trouver car il engage la responsabilité des uns et des autres, sur des sommes importantes. »

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Les termes de l'accord : réparations et renonciation

Le protocole prévoit que GRDF et son prestataire prennent en charge tous les frais de remise en état. En contrepartie, les collectivités locales renoncent à se retourner contre eux en cas de nouveaux désordres postérieurs aux travaux. « Ils se protègent, commente Patrice Laurent. Si la nature du sol n'est pas bonne, ils ne veulent pas qu'on aille leur demander des comptes par la suite. Mais on fait ce qu'il faut pour que les problèmes ne se reproduisent pas : la prise de risque est quasi nulle. »

Un huis clos qui divise l'assemblée

Le maire Emmanuel Hanon a invoqué le caractère confidentiel de l'accord pour justifier le huis clos, suscitant l'opposition de plusieurs élus. Luis-Miguel Conejero, élu d'opposition, a voté contre : « Je n'ai pas l'impression que le mandat qui m'a été donné est de voter dans le dos des Orthéziens : ils ont à connaître ce qu'on décide là-dessus, et qui, je pense, les impactera dans le temps. »

L'opposante Pierrette Domblides a ajouté : « Je ne trouve pas logique ce huis clos sachant que cela va être de nouveau voté bientôt en conseil communautaire, où cela sera public. »

Un contexte électoral sensible

Patrice Laurent, également maire de Mourenx et candidat à sa succession, défend la décision : « C'est la responsabilité du maire : il a le droit de le faire. Cela permet de préserver un peu la confidentialité de l'accord, car ça a été long et compliqué à trouver. On est dans un contexte électoral, on ne veut pas que cela vienne percuter la campagne. »

Le huis clos a finalement été adopté, avec l'abstention de plusieurs opposants. Les travaux de réparation sur l'avenue du Pesqué devraient bientôt débuter, mettant fin à près de dix-huit mois d'attente et de perturbations pour les habitants et usagers de la RD 9.

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