Une victoire historique à l'arraché pour la première femme maire d'Oloron-Sainte-Marie
L'élection municipale d'Oloron-Sainte-Marie a connu un dénouement extraordinairement serré ce dimanche 22 mars. Marie-Lyse Bistué a été élue maire avec une avance d'une seule voix, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste dans la sous-préfecture. Le résultat, annoncé par le maire sortant Bernard Uthurry vers 20 heures après un suspense étouffant, a immédiatement suscité des réactions passionnées.
Un scrutin à la loupe avec des chiffres qui parlent d'eux-mêmes
Les résultats officiels donnent Marie-Lyse Bistué à 45,68% avec 2 514 voix, contre 45,66% et 2 513 voix pour Clément Servat. Le troisième candidat, Hugo Couchinave, obtient 8,67% avec 477 voix. Cette différence infime d'une seule voix illustre de manière spectaculaire l'adage selon lequel chaque bulletin compte.
« Quand on dit pendant les élections que chaque voix compte, il faut que les électeurs en prennent conscience ! », a commenté Marie-Lyse Bistué peu après l'annonce. Elle a ajouté : « On a beaucoup travaillé sur les abstentionnistes entre les deux tours, beaucoup sont venus nous voir spontanément à notre local de campagne. »
La réaction du camp vainqueur : entre émotion et détermination
La nouvelle élue a dédié sa victoire à Bernard Uthurry : « Si on est là, c'est qu'on a un bon bilan. Il a tracé une voie que nous allons suivre avec responsabilité, dignité, humilité aussi. J'en tremble encore. » Face à la menace d'un recours de son adversaire, elle se montre confiante : « On a compté et recompté les bureaux de vote, les signatures sur les listes d'émargement. Nous aussi on a pu douter de ce résultat, à une voix près. Mais là, je ne vois pas où est-ce qu'il pourrait y avoir une faute. »
Bernard Uthurry, quant à lui, a exprimé sa sérénité : « Je pars serein, rassuré et heureux d'avoir transmis [...] Je salue, d'une manière générale, les candidats qui ne sont pas élus aujourd'hui. La campagne est terminée, elle a été âpre, c'est le moins qu'on puisse dire. »
Le camp perdant crie au vol et prépare un recours
Du côté de Clément Servat, arrivé deuxième, l'ambiance était tout autre. « Je ne peux pas l'expliquer. Les Oloronais ont finalement souhaité la continuité et pas le changement », a-t-il déclaré, ajoutant : « On constate quand même une campagne de caniveau avec des méthodes de voyou employées. Pour moi, ça n'est pas une victoire, c'est un vol. »
Le candidat battu a annoncé son intention de formuler un recours auprès de la préfecture pour examiner minutieusement ce second tour. Il affirme avoir constaté plusieurs anomalies « dans certains bureaux de vote » lors du scrutin.
La rancœur de Clément Servat se porte également sur Hugo Couchinave, dont le maintien au second tour a selon lui influencé le résultat : « Il n'a pas tenu parole, il ne s'est pas désisté, il est responsable de notre défaite. Avec son équipe, je crois qu'ils ont réussi leur coup, c'est ce qu'ils voulaient depuis le début. »
La position du troisième homme dans cette élection mouvementée
Hugo Couchinave, de son côté, se projette déjà dans l'avenir. Il rappelle avoir proposé une fusion à Clément Servat « dès lundi, demande balayée d'un revers de main ». Concernant les accusations selon lesquelles son maintien aurait favorisé la gauche, il répond : « Moi je n'ai jamais fait le reproche à Daniel Lacrampe et Clément Servat d'avoir fait gagner la gauche en 2020. »
Avec ses 8,67%, il espère obtenir un siège au Conseil municipal et un autre à la communauté de communes. « Et dans deux ans il y a les élections départementales, notre équipe aura vocation à être représentée dans les deux cantons d'Oloron », anticipe-t-il.
Cette élection municipale restera dans les annales d'Oloron-Sainte-Marie comme l'une des plus serrées de son histoire, avec une différence d'une seule voix qui pourrait encore faire l'objet de contestations juridiques dans les jours à venir.



