La présidence de Nîmes Métropole, un enjeu politique majeur après les municipales
Après les élections municipales, le paysage politique de Nîmes Métropole a considérablement évolué avec l'arrivée de 19 nouveaux maires sur les 39 communes que compte l'agglomération. Parmi ces changements, la victoire de Vincent Bouget à la mairie de Nîmes marque un tournant significatif, d'autant plus que ce dernier brigue désormais la présidence de Nîmes Métropole. L'élection est prévue le 14 avril prochain et mobilise déjà toutes les attentions.
Un scrutin décisif pour l'avenir de l'agglomération
Les 105 élus communautaires – dont de nombreuses nouvelles figures – se réuniront pour désigner le prochain président. Dès l'entre-deux tours des municipales, alors que le nouveau visage politique des communes était déjà largement connu, les discussions, réunions et coups de fil ont commencé. Ce poste est en effet éminemment stratégique pour la gouvernance du territoire.
L'élection du maire de Nîmes dimanche dernier a levé la dernière inconnue. La victoire de Vincent Bouget et de la gauche modifie légèrement l'équilibre d'une agglomération majoritairement à droite depuis sa création et qui le reste encore aujourd'hui. Cette candidature pourrait ouvrir la voie à une alternance à la tête d'une assemblée qui a toujours été présidée par un élu de Nîmes, successivement Fournier, Lachaud puis Proust.
Les candidatures et les calculs politiques
Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles et deuxième plus grosse commune de l'agglo, avait un temps envisagé de se présenter en 2020 avant de renoncer. Aujourd'hui, largement réélu avec plus de 83% des voix, il assure : "Je ne suis pas candidat, j'ai pris ma décision depuis des semaines même si c'était sans doute jouable. Mais il y a l'arithmétique et la politique ! Je souhaite une présidence apaisée et un travail efficace sur les dossiers du territoire."
Pour Vincent Bouget, obtenir une majorité d'au moins 53 élus nécessitera de rassembler 16 voix supplémentaires. Rémi Nicolas, maire divers gauche réélu à Marguerittes, y travaille activement. Il souligne : "Que la ville centre soit à la tête de l'agglo, c'est le plus efficace et le plus raisonnable. Une candidature alternative serait vouée à l'échec." Les dix-huit nouveaux maires, presque tous estampillés "sans étiquette", pourraient faire pencher la balance.
Les positions des élus et les enjeux territoriaux
Vincent Bouget insiste sur l'importance d'une gouvernance inclusive : "Il est important que tous les maires se sentent associés au projet de territoire de Nîmes Métropole." Il estime que si la ville centre en assure la présidence, "c'est gage de fluidité" et évoque un travail en intelligence et en partenariat.
Olivier Fabregoul, réélu à Caissargues, abonde dans ce sens : "La guerre Fournier / Lachaud avait été délétère. Que le maire de Nîmes soit président de l'agglo, ça me semble légitime. L'agglo, c'est un travail de consensus, au-delà des étiquettes politiques." Bernard Clément, maire de Domessargues, se réjouit quant à lui de la présence de deux maires communistes à l'agglo.
Les craintes et les défis à venir
Derrière l'apparent consensus, des inquiétudes affleurent cependant. Frédéric Touzellier, maire de Générac et vice-président influent de l'agglo, exprime ses réserves : "Quand on est président de l'agglo, on parle pour 39 communes. Moi, je ne suis pas candidat à la présidence mais il faudrait un autre projet que celui de Nîmes."
Il redoute certains choix à venir sur des dossiers sensibles comme les fonds de concours, la loi SRU, la Zéro artificialisation des sols, le passage au PLUi, l'avenir de l'aéroport ou l'aménagement du territoire. "Nous avons déjà eu des débats dogmatiques avec la gauche sur ces sujets", précise-t-il. Olivier Fabregoul ajoute : "Nous serons vigilants."
En coulisses, un observateur avisé de Nîmes Métropole glisse : "Une autre candidature serait techniquement possible, d'autant que les communes qui ont 2, 3 ou six élus sont principalement à droite mais une opposition trop frontale entre l'agglo et Nîmes, ça ne marchera jamais…"
L'élection du 14 avril s'annonce donc comme un moment clé pour l'avenir de Nîmes Métropole, où se joueront non seulement des équilibres politiques mais aussi la capacité à construire un projet territorial partagé.



