Un remake électoral à Saint-Pierre-du-Mont
Ce 15 mars 2026, les électeurs de Saint-Pierre-du-Mont revivront un scénario déjà connu. Le maire sortant de sensibilité centre droit, Joël Bonnet, briguant un troisième mandat après douze ans aux commandes, affrontera pour la deuxième fois le conseiller municipal d'opposition socialiste, Julien Paris. La même affiche qu'au second tour des municipales de 2020, où le duel avait été particulièrement serré.
Le souvenir du match serré de 2020
En pleine pandémie de Covid-19, avec une participation à peine supérieure à 44,85%, Joël Bonnet avait conservé son fauteuil avec seulement 224 voix d'avance sur son adversaire. Les bureaux de vote embaumaient alors le gel hydroalcoolique, témoignant du contexte sanitaire exceptionnel qui avait marqué ce scrutin. Six ans plus tard, les deux hommes se retrouvent à nouveau face à face, avec des enjeux locaux qui ont évolué mais des divisions toujours présentes.
Police municipale : deux visions radicalement opposées
L'avènement d'une police municipale constitue un point de convergence apparent entre les candidats, mais leurs approches diffèrent fondamentalement. Joël Bonnet défend une police « autonome » avec à terme cinq agents, privilégiant selon lui « une police municipale de proximité » et « le principe des îlotiers ». Il insiste sur la nécessité d'une « solution concrète » permettant « une liberté d'intervention en temps et en heure ».
Julien Paris préconise au contraire une mutualisation avec la police municipale de Mont-de-Marsan, arguant de l'imbrication géographique des deux communes et des limitations administratives. Le candidat socialiste qualifie la proposition de son adversaire de « gouffre financier », estimant le coût à « 250 000 euros la première année » sans compter les investissements en locaux et véhicules.
Querelles budgétaires et visions financières
La gestion des finances communales alimente également les tensions. Joël Bonnet affirme que l'exercice 2025 s'achèvera « avec un excédent de 3,6 millions d'euros », tandis que Julien Paris conteste ces chiffres, brandissant un rapport de la Chambre régionale des comptes de 2023 alertant sur « la hausse des charges de fonctionnement trop importante au regard des faibles ressources ».
Le maire sortant justifie ses choix budgétaires par la volonté de « considérer » les agents municipaux, évoquant l'augmentation des primes et la souscription d'une protection sociale complémentaire. « Est-ce qu'on veut avoir du service public ou pas ? », interroge-t-il, défendant sa gestion.
Deux projets urbains antagonistes
L'urbanisation et l'aménagement du bourg cristallisent également les divergences. Si les deux candidats projettent de déplacer la salle des fêtes, leurs visions s'opposent radicalement sur le devenir du centre-ville.
Joël Bonnet préconise la démolition du Forum et de la Maison du temps libre pour créer un « espace arboré » et un « poumon vert » en cœur de ville. Il critique le projet de son adversaire qui envisage une salle des fêtes hors du bourg, y voyant une contradiction avec les discours sur le développement durable.
Julien Paris défend au contraire la réhabilitation des deux bâtiments existants, qu'il imagine transformés en équipements « pouvant drainer du flux », avec des salles pour associations, un marché ou des halles. « Ce jardin, Joël Bonnet y tient beaucoup », ironise-t-il, « cela fait douze ans qu'il le promet et cela fait douze ans qu'il ne le fait pas ».
Un scrutin aux enjeux locaux marqués
Au-delà des personnalités, cette élection oppose deux visions de la commune. Joël Bonnet défend son bilan et sa gestion, tandis que Julien Paris appelle à « un nouveau souffle » et dénonce « le constat des douze années passées avec la même équipe » qu'il juge « non satisfaisant ».
Les électeurs devront trancher entre continuité et renouveau, entre deux projets qui, malgré quelques points de convergence apparents, divergent sur les moyens et les priorités. La réponse sera donnée dans les urnes le 15 mars 2026, dans un scrutin qui s'annonce tout aussi serré qu'en 2020.



