Dès le premier jour, la réalité du terrain s'impose. Installé dans une salle partagée avec son premier adjoint, Pascal Étienne, élu maire de La Mole en mars dernier, découvre une mairie laissée à l'abandon depuis des années. « C'est un peu le camping », concède-t-il, tout en reconnaissant que le budget limité de la commune imposait d'autres priorités. Mais cette pièce de travail est devenue, selon lui, « un outil de travail en perdition » : « Je remercie l'équipe d'être présente pour travailler dans ces conditions. »
Une mairie à réaménager et un pôle technique en projet
Sur la table du bureau, un dossier intitulé « Réaménagement de la mairie » prévoit la création de deux commerces sur les ailes de l'édifice. Cette transformation doit aller de pair avec la construction d'un pôle technique – Police municipale et CCFF – à l'ancienne scierie. Dans quelques jours, Pascal Étienne doit rencontrer le service de l'intercommunalité pour les demandes de subventions. Un rendez-vous décisif alors qu'il lui faut maîtriser les arcanes des financements publics.
L'embellissement, une priorité visible
Le nouveau maire a pris en main le dossier des plantations. Par petites touches, la fontaine a été remise en eau, apportant un peu de fraîcheur au centre du village. « Il faut que l'on recrée des espaces verts », insiste-t-il. Place Fonscolombe, « on va la reverdir » à partir d'octobre. Une refonte paysagère est également prévue entre la médiathèque et le rond-point d'entrée de La Mole, après l'installation d'un nouvel éclairage public. « Il faudrait que ce soit réglé l'an prochain », fixe l'édile.
La mairie mène aussi une campagne de recrutement aux services techniques et à la police municipale, afin d'étoffer la capacité d'action de la commune.
Le risque incendie au cœur des préoccupations
Le dernier week-end a été sensible avec un départ de feu en face du village, sur la colline du Canadel. La veille, le maire s'entretenait avec le responsable du CCFF, Guy Porre, afin d'étudier le plan de secours. « J'ai voulu te rencontrer au vu de l'actualité qui ne me plaît pas. Quel est mon rôle car c'est quelque chose de nouveau pour moi », a consulté Pascal Étienne. Guy Porre lui a précisé son rôle : « Automatiquement, le maire doit se rendre au poste de commandement des pompiers pour transmettre les directives et préparer des évacuations si nécessaire. » Le grand camping présent sur le territoire constitue un point d'attention particulier.
Dans cette lutte contre le risque incendie, une satisfaction pour le trio : la réintégration, par la communauté de communes, de chemins dans le réseau des pistes DFCI, déclassés sous la précédente mandature. Un maillage essentiel pour l'accès aux massifs.
Un engagement de vigneron
Viticulteur, Pascal Étienne entend concilier son exploitation avec sa charge de maire. « Ce qui me plaît, c'est de m'investir pour mon village, je le prends à cœur », appuie-t-il. Il se dit ravi de constater « l'implication du personnel communal : c'est une force ». Trois quarts du vignoble molois étant destinés à Grimaud, la période des vendanges s'annonce chargée : « À l'heure H, je me déchire entre la cave coopérative et la mairie. Je vais prendre du temps pendant les vendanges », annonce-t-il.
Le maire remercie son premier adjoint pour le travail accompli, et la conseillère municipale Fanny Deleurence confirme la dynamique : « On essaie de le soutenir au maximum. » La fête du village en juillet a été un succès, à l'image d'une équipe d'élus « dynamique ». Pascal Étienne veut instaurer une réunion mensuelle pour que les élus fassent des remontées : « Tous les deux ou trois mois, on perd le fil... », calcule-t-il.
L'école, une urgence absolue
Le dossier le plus préoccupant est celui de l'école Codou. Une poutre instable dans la cour, une étanchéité défaillante sur le toit, des toilettes à assainir et une rampe d'escaliers aux normes à revoir : « l'urgence était flagrante », constate le premier adjoint Charles Manzoni, qui suit le dossier. Le Département a été sollicité et un budget de 40 000 euros a été débloqué. « On fait le job », souffle le maire venu observer les travaux. Il s'interroge également sur l'absence de fibre optique, qui prive l'établissement d'Internet depuis quatre ans. « Après, on s'attellera au préau du bas, cet hiver », précise-t-il, afin que les 150 écoliers grandissent dans un environnement scolaire adapté.
La route départementale à repenser
Autre dossier à mettre en route : la départementale qui coupe le village en deux. « Il y a beaucoup, beaucoup de camions qui traversent. On doit avoir cette réflexion avec les services de l'État dans l'hiver », plaide l'élu. Interrogé sur le temps nécessaire pour que la machine municipale tourne pleinement, Pascal Étienne se montre lucide : « Je sais que ce mandat sera intensif... jusqu'au bout. »



