Un scrutin serré pour la présidence de Val de Garonne Agglomération
Ce jeudi 16 avril, les 78 élus communautaires de Val de Garonne Agglomération (VGA) ont élu leur nouveau président. Le maire socialiste de Marmande, Joël Hocquelet, a remporté le scrutin face à Gaëtan Malange, maire de Saint-Barthélemy-d'Agenais, représentant la droite. Cette élection intervenait après la défaite de l'ancien président Jacques Bilirit aux municipales de Fourques le 15 mars dernier.
Un duel gauche-droite aux enjeux territoriaux forts
La campagne a été marquée par des débats intenses sur la gouvernance équilibrée du territoire. Face à face, deux visions s'opposaient : celle d'une ville-centre, Marmande, pesant 41% des ressources communautaires, contre celle des petites communes. Jacques Bilirit, l'ancien président, a assuré la passation de pouvoir dans une atmosphère émouvante, recevant une standing ovation avant de quitter l'Espace Expo.
Dans son discours de candidat, Joël Hocquelet a martelé son engagement pour une gouvernance inclusive. « Je respecte toutes les communes », a-t-il affirmé, promettant que « tout le monde aurait voix au chapitre » malgré le poids économique de Marmande et Tonneins (respectivement 41% et 17% des ressources). L'ancien médecin a appelé à l'intelligence collective pour éviter une situation de blocage comme celle observée à l'agglomération d'Agen.
Un résultat qui s'est joué sur les voix de Tonneins
Le score final a été plus serré qu'en 2020. Selon Gaëtan Malange, le perdant du jour, l'élection s'est décidée sur les onze voix de Tonneins. Le maire de Saint-Barthélemy-d'Agenais avait pourtant mené une campagne axée sur le refus d'un territoire avec « une locomotive et des wagons », prônant plutôt « un collectif qui avance ensemble ».
Parmi les thèmes communs aux deux candidats figuraient l'égalité d'accès aux soins, l'attractivité économique et la coûteuse réparation des digues, que le nouveau président a qualifiée de projet « qui coûtera une année d'investissement ». Gaëtan Malange avait également mis en avant la justice fiscale, craignant une pression accrue sur les petites communes.
Joël Hocquelet a anticipé ces craintes en déclarant : « Je sais les intentions que l'on me prête, mais je ne souhaite pas faire les poches aux petites communes en termes de pression fiscale ». Malgré les projets tonneinquais mis en avant par son adversaire, ce sont bien les voix de la cité des Tabacs qui ont fait la différence.
Une élection suivie de négociations pour les vice-présidences
Après le scrutin, gagnant et perdant ont longuement échangé. Gaëtan Malange a révélé que leur conversation portait sur l'équilibre territorial et la représentation des sensibilités politiques dans la gouvernance. La question des vice-présidences, déjà au cœur des négociations depuis les réélections des deux maires dans leurs communes respectives, était également à l'ordre du jour.
L'après-midi du 16 avril a été consacrée à l'élection des quinze vice-présidents. Comme le veut la tradition, Tonneins a obtenu la première vice-présidence avec Denis Bertolaso. La liste complète des vice-présidents élus comprend :
- Denis Bertolaso, maire de Tonneins
- Régine Povéda, maire de Meilhan
- Laurent Capelle, maire de Jusix
- Émilie Bayle, maire de Clairac
- Gaëtan Malange, maire de Saint-Barthélémy-d'Agenais
- Christophe Courrègelongue, maire de Virazeil
- Benjamin Fagès, maire de Lafitte
- Jean-Luc Armand, maire de Cocumont
- Tanguy Clabon, maire de Saint-Sauveur-de-Meilhan
- Thomas Machefé, maire de Sainte-Bazeille
- Nicolas Lebedinsky, maire de Saint-Avit
- René Zaros, maire de Varès
- Jean-François Thoumazeau, maire de Gaujac
- Claude Lalande, maire d'Escassefort
- Christophe Augustin, maire de Gontaud-de-Nogaret
Cette élection marque le début d'un nouveau mandat pour Val de Garonne Agglomération, avec le défi de concilier les intérêts des villes-centres et des communes rurales dans un contexte de ressources limitées et de besoins croissants en investissements publics.



