Une intercommunalité en grande difficulté financière
La Communauté de communes du Bazadais entre dans une nouvelle mandature avec des finances exsangues, selon de nombreux élus locaux. Ce mercredi 1er avril à 19 heures à Lavazan, les conseillers communautaires se réunissent pour choisir qui succédera à Nicole Coustet à la présidence de cette collectivité territoriale en crise.
Une succession qui suscite des interrogations
« Qui va vouloir reprendre ça ? », s'interrogeait récemment Jean-Pierre Manseau, l'ancien maire de Cauvignac, au moment de passer le relais. La question résume les appréhensions des élus face à une situation financière particulièrement délicate.
La CdC accuse encore le coup – tant financièrement que symboliquement – de la liquidation judiciaire de l'abattoir avec près de 600 000 euros « à trouver » en 2026. Elle a dû régler une facture importante pour remettre en état les routes après le passage de la tempête Nils et doit encore décider de ce que deviendra le serpent de mer local, le restaurant du lac de la Prade.
Isabelle Dexpert en pole position
Isabelle Dexpert, maire de Bazas, apparaît comme la candidate la plus probable pour prendre la tête de cette intercommunalité en difficulté. « Je pense que ça va être Isabelle Dexpert », affirme Jean-Claude Dupiol, le maire de Cudos, tandis que Laurent Belloc, maire de Gans, lance plus énigmatiquement : « On espère que la ville où il y a la cathédrale sera à la tête de la CdC. »
L'intéressée confirme sa candidature et souhaite établir une gouvernance plus horizontale « avec une équipe » : « On partagera les difficultés et les réussites », confie-t-elle, reconnaissant l'ampleur des défis à relever.
Un mandat qui exigera courage et détermination
« Il faudra beaucoup de volonté et de courage au futur président », estime Françoise Dupiol-Tach, la maire réélue de Grignols, qui concentre en quelques mots une ébauche de fiche de poste particulièrement exigeante. « Il va falloir redresser la barre et ça va être compliqué. »
La situation financière de la collectivité est décrite comme « extrêmement préoccupante » par Dominique David, ancienne élue macroniste et nouvelle maire de Bernos-Beaulac, qui a demandé et obtenu la vice-présidence aux finances. « Il y a plein de choses à supprimer pour repartir du bon pied », admet Laurent Belloc, évoquant la nécessité d'un « régime sec » budgétaire.
Deux dossiers épineux en héritage
Le nouveau conseil devra notamment assumer l'héritage de deux gros dossiers problématiques. Le placement en liquidation judiciaire de l'abattoir, en octobre 2025, crée un trou d'un peu plus de 600 000 euros dans le budget 2026. Jean-Luc Gleyze, l'actuel vice-président aux finances, précisait cependant que « cette situation présente toutefois un caractère conjoncturel ».
Le restaurant du lac de La Prade constitue l'autre boulet au pied de l'intercommunalité. De nouveau fermé depuis février 2025 après avoir rouvert quelques mois, ce bâtiment représente « l'amortissement qui pèse le plus » dans le budget de la CdC. Les élus souhaitaient le vendre, mais ce sera au nouveau conseil de trouver une solution définitive.
Une étude financière aux conclusions préoccupantes
Pour tenter de redresser la barre, la collectivité a lancé une étude d'accompagnement financier en 2025 qui a formulé plusieurs propositions nécessitant « un travail approfondi de réflexion et de concertation entre les élus ». La majorité de ces mesures ne pourront pas être appliquées dès 2026, ce qui laisse présager des difficultés persistantes.
Malgré deux vagues d'économies demandées à l'ensemble des services en avril et septembre 2025, des charges imprévues sont venues peser sur le budget, comme l'avait noté Jean-Luc Gleyze dans son rapport d'orientation budgétaire du 25 février dernier.
Le processus électoral de ce mercredi reste entouré d'une certaine discrétion. « On le saura mercredi soir, comme en 2020 », prédit une employée de la collectivité. Des bulletins vierges ont été préparés pour que « les élus inscrivent le nom dessus », selon la procédure habituelle.



