Près d'un an après l'incendie spectaculaire du superyacht Sea Lady II dans le port de Saint-Tropez, la ville tire les leçons de cet événement marquant. Le 10 juillet 2025, les flammes ont dévoré ce mastodonte de 42 mètres, nécessitant une nuit entière d'intervention des pompiers et six mois de procédures pour évacuer l'épave. Face à ce sinistre, l'opposant Jean-Baptiste Giordana a interpellé la maire Sylvie Siri lors du dernier conseil municipal, demandant quelles mesures avaient été adoptées pour éviter qu'un tel scénario ne se reproduise.
Un retour d'expérience partagé
La maire a qualifié la question de « légitime » et a détaillé le retour d'expérience réalisé, présenté aux directeurs des ports adhérents à l'Union des ports de plaisance Provence-Alpes-Côte d'Azur et Monaco. Les procédures mises en œuvre par la Ville ont été reconnues par les autorités, notamment le déclenchement rapide de la procédure, la constitution d'une cellule de crise, l'évacuation des navires voisins et des véhicules à quai, ainsi que la facilitation de l'accès pour les secours. Cependant, des zones d'ombre ont été identifiées, conduisant à des améliorations.
Nouvelles mesures de sécurité
Parmi les changements instaurés, un téléphone d'astreinte portuaire a été remis en fonction la nuit et les jours fériés, avec des agents d'astreinte mobilisables en période hivernale. Un exercice annuel est désormais inscrit au calendrier du port pour maintenir le niveau de préparation des équipes. La maire a également évoqué un exercice préparatoire organisé en avril, simulant un incendie de bateau électrique, un scénario techniquement complexe en raison des spécificités des batteries lithium.
Gestion des fumées et coordination
Interrogé sur le risque de fumées rabattues par le vent vers le village, Sylvie Siri a rappelé que lors de l'incendie du 10 juillet, la police municipale avait procédé à l'évacuation des établissements exposés au risque d'intoxication. Cette coordination entre le port, la police et les autorités à terre a fonctionné et est désormais documentée et reproductible. La maire a souligné que la même chaîne de procédure serait suivie en cas d'incendie de nuit : numéro d'astreinte, état des lieux immédiat, déclenchement de la procédure, cellule de crise, évacuation des navires voisins et accès sécurisé pour les secours.
Ainsi, Saint-Tropez se prépare à affronter la haute saison 2026 avec des mesures renforcées, tirant les enseignements d'un sinistre qui aurait pu avoir des conséquences bien plus graves.



