Hendaye : Kotte Ecenarro défend les services publics, ses concurrents répliquent
Hendaye : le maire sortant défend les services publics, critiques

Hendaye : le maire sortant Kotte Ecenarro fait des services publics son cheval de bataille électoral

Dans le cadre d'une série proposée par Sud Ouest, le maire sortant d'Hendaye, Kotte Ecenarro, tête de liste d'Hendaia Elgarrekin, a choisi de développer le thème des services publics pour sa campagne en vue des élections municipales des 15 et 22 mars. Un choix qui ne surprend guère, tant l'édile socialiste affectionne de citer Jean Jaurès : « Le service public, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas. » Pour lui, il s'agit d'un combat quotidien en faveur de la justice sociale, une ligne directrice de ses mandats successifs (2001-2008 et depuis 2014).

Un thème consensuel qui suscite les sarcasmes des adversaires

Cette focalisation sur les services publics n'a pas manqué d'attirer les critiques de ses concurrents. Laetitia Navarron, cheffe de file de la liste de gauche citoyenne Hendaia Biltzen, sourit : « On rigole un peu. C'est un thème qui n'est pas franchement clivant. Tout le monde est d'accord. » Tristan Proteau, le leader LR de Vivre Hendaye, raille quant à lui : « Il aime mettre ça en avant, mais la défense des services publics, c'est le strict minimum de ce qu'on attend d'un maire. »

Kotte Ecenarro, aux commandes de la cité frontalière depuis douze ans et allié à son ancien opposant Pascal Destruhaut pour ce scrutin, peut néanmoins mettre en avant un bilan concret. Après avoir été interpellé par le départ du commissariat en 2010, puis de la perception en 2016, il revendique la réhabilitation de l'ancienne mairie. Ce bâtiment accueille désormais les huit policiers municipaux, une antenne de la Police nationale et, depuis début 2025, la plateforme France Services avec ses douze opérateurs publics (CPAM, Caf, France Travail, La Poste, impôts...).

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Les agents municipaux au cœur des débats

Laetitia Navarron nuance cependant : « On parle de services publics nationaux, on est hors des compétences municipales. » Elle souhaite recentrer le débat sur les attributions du maire et propose de retravailler le régime indemnitaire (Rifseep) pour permettre aux salaires les plus modestes d'être augmentés. « Les agents municipaux : ce sont elles et eux qui, au quotidien, rendent le premier service au public. »

Kotte Ecenarro assure que cette revalorisation a déjà été effectuée, avec une enveloppe supplémentaire de 232 000 euros par an depuis le 1er janvier 2025, répartie entre les 465 fonctionnaires (315 agents de la Ville, 150 du CCAS). Mais Laetitia Navarron estime qu'« il faut aller plus loin pour la catégorie C ». Tristan Proteau, quant à lui, préfère ne pas s'avancer : « On va lancer un audit financier dès notre arrivée à la mairie. On verra les marges de manœuvre dont on dispose. »

Un service public plus humain et la question cruciale de la santé

Le candidat de 28 ans, qui achèvera sa formation d'avocat en novembre, plaide plutôt pour un service rendu plus humain. Il déplore un accueil mairie et CCAS qu'il juge indigne : « On a eu le retour de deux personnes qui se sont fait balader. Notre vision, c'est 'Vous venez pour n'importe quoi, les impôts ou autre, vous repartez avec une réponse, une aide, une orientation'. » Il propose de travailler en amont sur des guides détaillés à remettre aux usagers.

Kotte Ecenarro se fait également l'ardent défenseur du service public de la santé, une thématique d'actualité brûlante après la fermeture début février du cabinet de radiologie Océan imagerie. Il se réjouit d'une solution trouvée avec la CPTS, les professionnels de santé, l'hôpital marin et l'hôpital de Bayonne : « La directrice de l'hôpital marin a dit qu'il était déjà possible de prendre des rendez-vous pour des échographies et qu'à partir d'avril, ce sera aussi le cas pour de l'imagerie conventionnelle. »

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Tristan Proteau s'étrangle : « Il m'a piqué l'idée, je l'avais proposée lors d'un débat à la radio. » Le maire sortant, qui est aussi président du conseil de surveillance de l'établissement, rétorque : « On lui a peut-être soufflé, moi ça fait six mois que j'en parle avec la directrice. » Kotte Ecenarro souhaite que l'Hôpital marin, structure de l'AP-HP spécialisée en neurologie et maladies rares, s'ouvre davantage sur la ville. S'il est réélu, il sollicitera l'Agence régionale de santé (ARS) en ce sens dans le cadre du Schéma régional de santé 2027.