Mobilisation des cheminots du Sud-Aveyron le 10 juin
Les cheminots du Sud-Aveyron montent au créneau ce mercredi 10 juin, à l'occasion d'une journée de grève nationale et d'actions locales organisée par la CGT Cheminots. Un piquet de grève est prévu de 9h à 12h devant la gare de Millau pour dénoncer ce que le syndicat qualifie de « politique de la direction de la SNCF ».
La colère est palpable dans le secteur, entre fermetures de guichets, réduction drastique des horaires et abandon de lignes. À Millau, la direction a décidé de fermer le guichet le dimanche ainsi que le samedi après-midi. Pire, il restera porte close lors du passage de l'ensemble des trains liO Occitanie, privant les voyageurs de toute assistance au moment même où ils en ont le plus besoin, explique le syndicat.
Situation alarmante à Sévérac-d'Aveyron
À Sévérac-d'Aveyron, la situation est encore plus alarmante. Le service sera tout simplement inexistant les après-midi, ainsi que le week-end entier. Ces restrictions, imposées unilatéralement, violent pourtant les engagements contractuels de la convention en vigueur alors que la Région Occitanie n'a pas réduit sa contribution financière.
Un paradoxe dénoncé par la CGT
La CGT dénonce une situation paradoxale. Tirée vers le haut par une fréquentation historique de ses trains, la SNCF a affiché en 2025 une profitabilité record, avec un résultat net de 1,8 milliard d'euros contre 1,6 milliard en 2024. Des gains réinvestis dans la régénération du réseau, reconnaît le syndicat. Mais à quel prix ? Pendant que la SNCF finance seule l'infrastructure, les opérateurs privés (Trenitalia, Renfe) profitent de réductions sur les péages d'accès au réseau sans verser la moindre contribution pour la modernisation indispensable de notre chemin de fer.
Dans ce contexte, une question s'impose : qui paiera la facture de cette transition ? La réponse de la direction est sans équivoque, termine la CGT Cheminots. Ce sont d'abord les usagers, contraints de subir une dégradation continue du service public, avec des fermetures de lignes, de gares, et une politique tarifaire de plus en plus volatile et onéreuse sur les TGV et Intercités. Ce sont ensuite les territoires, abandonnés au nom d'une rentabilité factice.
La ligne Millau-Rodez, une liaison essentielle
Soutenu par la Région avant d'être reporté sine die faute de financements, le projet de réhabilitation de la ligne Millau-Rodez, fermée depuis 2017, fait l'unanimité auprès des cheminots. Cette ligne, seule alternative à l'axe littoral Montpellier-Narbonne-Toulouse, est essentielle pour assurer la liaison transversale entre l'ancienne région Languedoc-Roussillon et l'ancienne région Midi-Pyrénées. Et de conclure : plutôt que de financer la concurrence ou de sabrer les horaires des guichets, l'argent du rail doit servir à rouvrir nos lignes et à maintenir un service de qualité.



