Gattières : la maire défend sa gestion financière, l'opposition critique l'immobilisme
Gattières : débat budgétaire entre maire et opposition

Un conseil municipal animé à Gattières

Le conseil municipal de Gattières s'est tenu ce lundi 13 avril 2026, avec un débat d'orientation budgétaire particulièrement vif. La maire Pascale Guit-Nicol, réélue lors d'une triangulaire, a présenté une situation financière qu'elle juge excellente, mais l'opposition a immédiatement contre-attaqué en pointant un « manque d'ambition » et un « immobilisme » préjudiciable à la commune.

Des finances solides mais des critiques acerbes

Le compte financier unique (CFU) de l'année 2025 affiche un excédent cumulé impressionnant de 4,9 millions d'euros, pour un budget global de 7,2 millions d'euros, dont 1,9 million dédié aux investissements. Cette performance est d'autant plus notable que Gattières, perchée au-dessus du Var, compte environ 4 500 habitants.

« Je ne suis pas une débutante, c'est mon troisième mandat. Et lors du dernier, nous avons acquis deux gros espaces fonciers pour une somme de 2 millions d'euros », a rétorqué Pascale Guit-Nicol à son opposant Jean-Pierre Testi, ancien maire communiste de 2008 à 2014, qui l'avait invitée à « profiter de cette période faste pour acquérir des biens » utiles à la population.

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L'opposition dénonce un décalage entre prévisions et réalisations

Claire Heyberger-Paul, autre candidate battue lors des dernières élections municipales, a reconnu la solidité des comptes mais a vivement critiqué leur mise en œuvre. « En 2025, seulement 48 % des investissements prévus ont été réalisés. Et les recettes n'ont été perçues qu'à hauteur de 74 % des prévisions », a-t-elle souligné.

Elle a poursuivi en affirmant que cet excédent traduisait surtout un décalage entre les projections et la réalité. « Ce n'est plus de la prudence, c'est de l'immobilisme », a-t-elle lancé, regrettant que des projets structurants, comme la crèche, restent peu engagés malgré les moyens disponibles. Pour elle, la gestion est saine mais trop administrative, manquant d'ambition et de rythme.

Un budget 2026 ambitieux mais contesté

Le budget prévisionnel pour 2026 s'élève à 13,4 millions d'euros, dont 3,9 millions d'euros d'investissement. Parmi les opérations phares figurent la création d'un logement social place Désiré-Féraud, l'équipement de la police municipale et l'installation d'éclairages LED sur les terrains de tennis.

Sandra Nerini, adjointe aux Finances, a précisé que la dette au 1er janvier 2026 ne s'élevait qu'à 819 488 euros, soit 180,78 euros par habitant, bien en dessous de la moyenne nationale des communes similaires (724 euros). « Pour la 18e année consécutive, la commune a décidé de ne pas augmenter la fiscalité locale », a-t-elle ajouté.

Jean-Pierre Testi a cependant taclé ce budget, y voyant le reflet d'une politique d'immobilisme qui néglige l'avenir des habitants. Il aurait souhaité un « coup de pouce aux associations » et une baisse plus marquée de la taxe foncière, après celle de 2,5 % en 2025.

La maire défend ses projets et sa gestion

Face à ces critiques, Pascale Guit-Nicol a réaffirmé sa volonté de mener à bien des projets structurants. « On a prévu de faire une crèche de 60 berceaux, c'est un gros projet, et on va refaire toute la place des Déportés. Ça représente plusieurs millions d'euros », a-t-elle détaillé.

Elle a aussi rappelé la bonne santé financière de la commune, soulignant que la dette par habitant était extrêmement faible. Concernant une éventuelle nouvelle baisse de la taxe foncière, elle a indiqué ne pas l'exclure mais a insisté sur la priorité donnée aux investissements.

Ce débat budgétaire met en lumière les tensions persistantes au sein du conseil municipal, où la majorité défend une gestion prudente et l'opposition réclame plus d'audace et de rapidité dans la concrétisation des projets.

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