Alors que La Poste a annoncé la fermeture du bureau du quartier de La Benauge le 20 juin prochain, syndicats et usagers se mobilisent pour conserver ce service de proximité urbaine, qualifié de « vrai lieu de vie ». Le jeudi 21 mai, le bureau de Poste de la Benauge était portes closes, et le distributeur automatique de billets de ce quartier de Bordeaux était également hors service. À un mois de la fermeture annoncée, les usagers de la rive droite expérimentent déjà, avec cette « fermeture exceptionnelle », l'obligation future de se déplacer jusqu'au bureau de Poste de la Bastide, avenue Thiers, pour récupérer leurs plis et effectuer leurs opérations bancaires.
Un service essentiel menacé
Pour l'heure, aucune certitude que l'entreprise à mission maintienne une antenne dans le quartier en cours de réhabilitation. Faute de bénéficier des services postaux, les riverains ont signé une pétition contre la fermeture définitive. Même si une présence postale était envisagée par la direction dans la voisine Maison France services, cela ne satisferait pas les besoins réels des usagers, selon Bernard Lavorel, délégué syndical Sud PTT. Il rappelle que « les agents municipaux ne sont pas postiers ! » En pratique, de nombreuses opérations ne pourraient pas être effectuées : paiement des factures, affranchissement à l'international, gestion de compte.
Un quotidien bouleversé
Pour Andrée et Sandrine, riveraines de 78 et 57 ans, tout leur quotidien sera bouleversé. « C'était tout ce qu'il restait de vie dans le quartier », se désolent-elles. Elles ont répondu à l'appel à la mobilisation le 21 mai et signé la pétition, revendiquant un droit « à la proximité urbaine ». Matthieu Mangin, vice-président du Conseil départemental, estime que « la volonté de La Poste de ne pas financer un service public de proximité est une aberration dans un quartier prioritaire politique de la ville », d'autant plus incompréhensible que « La Poste annonce un bénéfice de 1,4 milliard d'euros ».
Mobilisation politique et syndicale
La mobilisation organisée le 21 mai a été initiée par le syndicat Sud PTT, pour qui le maintien de La Poste dans le quartier est essentiel. Les élus communistes du quartier se sont également mobilisés au nom du « principe territorial de continuité, d'égalité et d'accessibilité au service public de qualité, acteur essentiel du lien social ». Mais à ce jour, leurs courriers au maire de Bordeaux et à la direction régionale de La Poste sont restés sans réponse.



