Un tournant politique à Mont-de-Marsan Agglomération
La victoire électorale de Frédéric Dutin à la mairie de Mont-de-Marsan pourrait profondément modifier les équilibres politiques au sein de l'Agglomération. Cette structure intercommunale, qui rassemble 18 communes des Landes, se prépare à désigner son nouveau président dans un contexte marqué par les séquelles des conflits passés.
Les cicatrices d'une guerre froide politique
Le dernier mandat a été émaillé de tensions importantes, notamment entre le clan Dayot et le clan Darrieussecq. Ces divisions ont laissé des traces durables, dépassant largement les murs de la place du Général-Leclerc. Conséquence directe de ces conflits : les deux anciens présidents de l'Agglomération ne siégeront pas dans la nouvelle assemblée, ayant tous deux démissionné de leurs mandats.
Dutin candidat mais prudent
Frédéric Dutin a confirmé son intérêt pour la présidence de Mont-de-Marsan Agglomération tout en affirmant vouloir « ne pas brûler les étapes ». Le nouveau maire socialiste dispose pourtant d'un atout de taille : sa majorité compte 20 élus sur les 58 conseillers communautaires.
Avant toute décision, il a fixé comme échéance son installation officielle, intervenue le vendredi 27 mars, pour « rencontrer individuellement et collectivement » les maires des 17 autres communes de l'agglomération.
Une volonté commune d'apaisement
Du côté de Saint-Pierre-du-Mont, le maire Joël Bonnet partage cette approche prudente et concertée. « Nous sortons d'une mandature 2020-2026 compliquée. Il y a un besoin d'apaiser les choses et de les voir ensemble », explique-t-il, soulignant l'importance d'une « concertation » approfondie.
Un nouveau style de gouvernance
Frédéric Dutin insiste sur la nécessité d'une réflexion « collective » : « C'est la responsabilité du maire de la ville centre d'être aussi une force qui impulse pour la communauté d'agglo ». Il précise sa vision : « C'est un travail collectif que je veux mettre en place avec les autres maires, savoir quelles sont leurs priorités, leurs idées pour l'Agglo, les confronter avec les nôtres. »
Dépasser les clivages politiques
Le discours du nouveau maire marque une rupture nette avec les pratiques du mandat précédent. « Contrairement à ce qui s'est passé sous la dernière mandature, l'Agglo ne doit pas être un théâtre des ambitions politiques. Il faut dépasser les étiquettes », affirme-t-il avec conviction.
Joël Bonnet abonde dans ce sens, estimant que cette approche devrait être une « évidence pour tous les maires de notre agglomération ». Les élus semblent unanimes sur la nécessité de retrouver « de l'apaisement et de la sérénité » dans la gouvernance territoriale.
Les tractations en cours
En coulisse, les négociations s'intensifient pour aboutir à un accord de gouvernance. La date du 7 avril 2026 est évoquée pour le Conseil d'installation, même si elle n'est pas encore officiellement confirmée.
La nouvelle composition de l'assemblée
La répartition des sièges au sein de l'Agglomération se présente ainsi :
- Mont-de-Marsan : 29 sièges (20 pour la liste Dutin, 5 pour Dayot, 3 pour Darrieussecq, 1 pour Lerègle)
- Saint-Pierre-du-Mont : 9 sièges (7 pour Bonnet, 2 pour Paris)
- Benquet, Bretagne-de-Marsan, Saint-Martin-d'Oney et Saint-Perdon : 2 sièges chacun
- Les autres communes : 1 siège chacune
Cette configuration politique inédite, combinée à la volonté affichée de coopération, pourrait inaugurer une nouvelle ère pour Mont-de-Marsan Agglomération, tournée vers le dialogue et l'intérêt territorial plutôt que vers les rivalités partisanes.



