Élection communautaire en Dordogne : le maire de La Roque-Gageac propose une médiation pour éviter un vote serré
Dordogne : médiation proposée avant l'élection communautaire

Élection communautaire en Dordogne : une médiation proposée pour éviter un vote à couteaux tirés

À l'approche de l'élection du président de la Communauté de communes Sarlat-Périgord noir, prévue mardi 31 mars, une initiative de médiation émerge pour tenter d'apaiser les tensions et préserver l'unité territoriale. Jérôme Peyrat, maire de La Roque-Gageac, se positionne en facilitateur, affirmant clairement qu'il n'est pas candidat à la présidence, mais aspire plutôt à jouer un rôle de conciliateur dans un scrutin qui s'annonce particulièrement indécis.

Un scrutin ouvert et incertain

L'élection oppose deux figures aux profils distincts :

  • Benoît Secrestat, premier vice-président sortant et maire de Proissans, qui bénéficie d'une assise territoriale solide grâce à son implantation locale.
  • Basile Fanier, dont le soutien repose sur une popularité notable, avec 65,7 % des voix des Sarladais et près de 42 % des inscrits, ainsi qu'une base arithmétique de 15 voix acquises sur les 36 sièges, bien qu'il ne se soit pas encore manifesté publiquement.

Cette configuration promet un vote serré, avec un risque réel de résultat très ajusté, ce qui inquiète Jérôme Peyrat. « Un vote qui se joue à deux ou trois voix près. On n'a pas les moyens financiers de démutualiser les services mis en commun », argumente-t-il, soulignant les enjeux financiers et opérationnels d'une division au sein de la communauté.

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La légitimité d'un médiateur expérimenté

Jérôme Peyrat, doyen en longévité parmi les 13 maires, peut se prévaloir d'une expérience significative dans la gestion des relations intercommunales. En 2010, il a réussi à fusionner l'intercommunalité du Périgord noir avec celle du Sarladais, dirigée par Jean-Jacques de Peretti. Malgré des divergences notoires, les deux élus ont su mettre de côté leurs différences « dans l'intérêt communautaire », établissant une concorde qui a perduré, à l'exception de quelques désaccords ponctuels, comme sur le projet de médiathèque en 2016 ou la fusion entre le Sictom et le SMD3 prévue en juin 2025.

Cette capacité à naviguer dans des eaux politiques parfois tumultueuses renforce sa crédibilité en tant que médiateur. « Les maires sont très attachés à ce consensus, ils en ont besoin », insiste-t-il, après s'être entretenu avec plusieurs de ses collègues.

Un appel à la tenue d'une « séance à blanc »

Dans un contexte marqué par l'élection de six nouveaux maires (à Vézac, Saint-Vincent-de-Cosse, Sainte-Nathalène, Marcillac-Saint-Quentin, Tamniès et Sarlat) et le renouvellement d'une vingtaine de délégués, Jérôme Peyrat lance un appel à la tenue d'une réunion informelle, qu'il qualifie de « séance à blanc ». Cette initiative vise à permettre aux élus d'échanger librement avant le scrutin officiel, dans l'espoir de dégager des consensus et d'éviter les clivages qui pourraient fragiliser la communauté.

Les enjeux sont de taille, avec des dossiers sensibles comme le PLUi, la piscine ou le Ratz Haut, susceptibles d'alimenter des polémiques en cas de division. La question reste ouverte : cet appel à la médiation sera-t-il entendu par les autres élus, ou le vote se déroulera-t-il dans un climat de rivalité accrue ? Seul le scrutin du 31 mars apportera une réponse définitive.

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