Un dernier conseil communautaire sous tension à Grand Villeneuvois
À quelques jours du premier tour des élections municipales, le dernier conseil communautaire de la mandature de la Communauté d'Agglomération du Grand Villeneuvois (CAVG) a connu des débats particulièrement animés. Réunis à La Croix-Blanche, les élus ont dressé le bilan financier de ces six dernières années tout en évoquant les perspectives budgétaires futures, non sans quelques accrochages politiques.
Un bilan financier contrasté
Pierre-Jean Pudal, vice-président sortant et « Monsieur Finances » de l'agglomération, a présenté un bilan marqué par 46 millions d'euros d'investissement sur la mandature, soit près du double de la période précédente. Malgré des budgets qu'il qualifie d'« éprouvés », il a souligné des ratios « excellents » avec 6,5 années de désendettement et un taux d'épargne brute de 11,5 %.
« Le Plan pluriannuel d'investissement a permis de verser 6 millions directement aux territoires sur les 16 millions prévus », a-t-il rappelé, lançant cette question aux futurs élus : « À vous de voir si vous souhaitez continuer ainsi ou devenir une agglomération de fonctionnement. »
Des critiques sur le rapport budgétaire
Le Rapport d'orientation budgétaire (ROB), présenté comme « apolitique » et « de transition », n'a pas convaincu l'opposition. Thomas Bouyssonnie, candidat de gauche à la mairie de Villeneuve, a exprimé ses doutes sur la neutralité réelle de ce document qui présente un reste à réaliser de près de 9 millions d'euros.
Yvon Ventadoux, maire sortant de Pujols, a quant à lui pointé « la promesse non tenue » de ne pas augmenter les impôts, en citant notamment la hausse de la Taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Il regrette également que ce ROB ne se projette pas sur plusieurs années comme d'habitude, créant selon lui « méfiance et suspicion » quant à l'évolution des ratios financiers.
La voie verte au cœur des tensions
Le débat le plus vif de la séance a concerné le projet de voie verte destinée à relier le centre-ville de Villeneuve-sur-Lot au château de Rogé en longeant le Lot. Thomas Bouyssonnie a réitéré son opposition au tracé actuel, soutenant la demande d'Emmanuel Aze de contourner sa propriété agricole dédiée à la culture d'asiminiers.
Gilles Charollais, vice-président chargé de l'urbanisme, a répondu avec fermeté : « Ça ne changera rien à son exploitation. On passe en bordure du Lot, sur la servitude de marchepied. M. Aze ne dit pas la vérité. » Il a même invité les élus à aller constater par eux-mêmes : « Allez y faire un tour. Il y a déjà des promeneurs qui disent bravo. »
Des adieux émotionnels
Cette séance marquait les adieux de plusieurs figures importantes, dont Pierre-Jean Pudal qui ne brigue pas un nouveau mandat de maire à Sainte-Livrade, Christelle Prellon à Monbalen, Christian Rousseau au Lédat, et le président Gérard Régnier lui-même. Un moment chargé d'émotion pour ces élus qui ont participé aux 1 241 délibérations votées durant le mandat, dont 88 % à l'unanimité.
Les divergences exprimées lors de ce dernier conseil préfigurent les débats qui animeront la campagne municipale, où la gestion financière et les projets d'aménagement du territoire resteront au cœur des préoccupations des électeurs.



