Claude Belot quitte la présidence de la Haute Saintonge après 33 ans de mandat
Claude Belot quitte la Haute Saintonge après 33 ans

Une page se tourne en Haute Saintonge après trente-trois ans de présidence

L'emblématique fondateur de la Communauté des communes de la Haute Saintonge a tiré sa révérence jeudi 19 février, clôturant ainsi plus de trois décennies à la tête de cette institution qu'il a lui-même créée. Claude Belot achève cette année son dernier mandat après avoir fondé la structure le 1er janvier 1993, l'ayant bâtie et présidée pendant trente-trois années consécutives.

Un dernier conseil sous les applaudissements

Jeudi après-midi, au Centre des congrès, il a conduit son ultime conseil communautaire dans une salle de l'auditorium comble, devant plus d'une centaine d'élus hauts saintongeais. Ces derniers lui ont réservé une salve d'applaudissements nourris au moment de tirer le rideau, en fin de journée, après avoir épuisé l'ordre du jour. Des élus avaient été invités par le « patron » quelques heures auparavant, en fin de matinée, pour une réunion d'échanges et de philosophie sur l'action publique, suivie d'un déjeuner convivial.

Un engagement local dès 22 ans

« J'ai servi la République à beaucoup de niveaux. Je me suis engagé à 22 ans », confiait Claude Belot, qui aura 90 ans le 11 juillet prochain. « J'ai fait le choix de rester local car je suis d'ici et j'y suis bien. Et c'est là qu'on fait des choses concrètes et durables, pas à Paris », expliquait-il au journal Sud Ouest. Celui qui fut aussi sénateur et président du Conseil général de Charente-Maritime se souvient des défis initiaux : « Avec mes camarades, nous refusions d'abord le déclin annoncé, la disparition d'un territoire rural ».

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Il précise : « Au début des années 1950, les études prévoyaient pour le début du XXIe siècle un exode massif en Haute Saintonge, d'environ 20 000 habitants. Aujourd'hui, nous avons gagné 10 000 habitants en un quart de siècle soit environ 15 % de la population. Si la France en avait fait autant, nous serions 75 millions ! »

Un héritage financier solide et des investissements majeurs

Interrogé sur les cinq candidats déclarés officiellement pour lui succéder à la présidence, Claude Belot reste neutre : « Pour l'instant je ne soutiens aucun candidat. Les élus doivent être à la hauteur, aptes à gérer, capables de fixer un cap ». Il insiste sur l'importance de préserver l'héritage : « Je tiens à ce que mon successeur garde ce cap. Car ce n'était pas évident de créer une communauté de communes ».

Il rappelle les humbles débuts : « Quand nous avons commencé, le 1er janvier 1993, il n'y avait rien. Nous avions 123 000 francs en caisse (environ 28 000 euros). Aujourd'hui, la maison tourne avec un budget de 75 millions d'euros, pas un centime d'emprunt, aucune dette ». Avec fierté, il ajoute : « À sa tête, j'aurai réussi à faire, en plus de trente ans, plus de 200 millions d'euros d'investissements. C'est plutôt rare ! On a démontré qu'un pays rural pouvait vivre et entreprendre ».

Une présence future malgré la fin du mandat

Mais que les plus tristes se rassurent. Même libéré de tout mandat, Claude Belot ne sera jamais bien loin. « Au cours de cette longue vie où j'ai beaucoup appris, où je représente un capital de connaissance et d'expérience toujours en état de servir, je serai à la disposition de la Haute Saintonge », assure-t-il. Une manière élégante de signifier qu'il gardera un œil attentif sur l'avenir de ce territoire auquel il a consacré l'essentiel de sa carrière politique.

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