Plan social à la polyclinique Pau Pyrénées : Jérôme Marbot face à un premier défi majeur
Plan social à Pau : Jérôme Marbot face à un défi majeur

Plan social à la polyclinique Pau Pyrénées : Jérôme Marbot face à un premier défi majeur

Moins de deux mois après son élection, le nouveau maire de Pau, Jérôme Marbot, se trouve confronté à un dossier épineux : le plan social annoncé par le groupe GBNA à la polyclinique Pau-Pyrénées. Ce plan prévoit jusqu'à 161 suppressions de postes, la fermeture de la clinique Marzet et celle de la maternité de Navarre. Une situation qui porte un coup très dur à l'offre de soins de l'agglomération paloise et même de l'ensemble du Béarn, étant donné la forte concentration des structures de santé à Pau.

Un nouveau maire face à une crise sanitaire et sociale

Jérôme Marbot a accepté de s'entretenir avec Sud Ouest pour évoquer les leviers dont il dispose afin d'accompagner au mieux les salariés de la polyclinique, mais aussi ceux du Centre hospitalier de Pau, compte tenu des bouleversements que cette recomposition des services annonce. « J'interviens à plusieurs niveaux dans ce dossier, lance-t-il. En tant que futur président du conseil de surveillance de l'hôpital, mon souci est de préserver le service public hospitalier, en veillant à ce que l'hôpital ne soit pas juste le réceptacle d'activités non rentables dont GBNA voudrait se débarrasser. »

De même, « si l'hôpital doit assumer des offres de soins qui ne sont plus assurées par Marzet et Navarre, il faut qu'elles soient cohérentes. On ne va pas récupérer des bouts d'activités, Navarre se gardant les plus rentables ». Selon lui, l'hôpital public « peut assumer un certain nombre de soins et de services, mais cela ne doit se faire qu'à la condition que ces services puissent être assurés correctement, sans générer d'engorgement des services ». Il rappelle que des investissements immobiliers importants ont été réalisés récemment à l'hôpital, et qu'il est hors de question de casser le jouet à peine sorti de son emballage. « On ne veut pas d'une arrivée massive de malades qui ne trouveraient plus à se soigner ailleurs. »

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Réunir la médecine libérale

Jérôme Marbot sait qu'en tant que maire de Pau, il a « malheureusement peu de leviers » pour mettre la pression sur des actionnaires privés. « En revanche, je peux mettre les uns et les autres en relation, ce que je fais depuis un mois, depuis que le redressement judiciaire est apparu. Je discute avec tout le monde : l'Agence régionale de santé, le préfet, les actionnaires, les salariés, les médecins… J'essaie de comprendre la situation et de favoriser l'émergence de solutions alternatives. »

Par exemple, le maire de Pau compte, « dès les prochains jours, prendre l'initiative de réunir les acteurs de la médecine libérale pour voir ce qu'il est possible de faire. Un certain nombre d'activités, qui n'ont pas besoin d'un univers hospitalier ou clinique pour exister, pourraient s'installer en libéral. La priorité est de maintenir ces services à Pau ».

L'ARS, bâton en main

Le maire de Pau a noté la virulence des pouvoirs publics - ARS et préfecture - face à la casse de l'offre de soins suscitée par ce plan social. « J'ai invité le directeur de l'ARS à accompagner d'actes les propos qu'il a tenus, selon lesquels GBNA est un groupe aquitain qui a fortement intérêt à coopérer de manière sincère et constructive avec l'ARS, dont dépendent tous les agréments des cliniques du groupe. Ils doivent entendre quelle sera la sévérité de l'ARS s'ils ne respectent pas ce partenariat. »

La stratégie de GBNA n'a pas échappé à Jérôme Marbot : « J'ai connaissance du fait qu'ils ont voulu grossir très vite dans les années 2020, en achetant un certain nombre de cliniques en Nouvelle-Aquitaine, qu'ils ont payées assez cher, ce qui a mis le groupe en difficulté. Il ne faut pas que GBNA fasse payer aux cliniques paloises des acquisitions trop onéreuses faites ailleurs dans la région. »

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Le Département très inquiet

Par la voix de son président, Jean-Jacques Lasserre, le Département des Pyrénées-Atlantiques a exprimé sa « très vive inquiétude après l'annonce du Plan de sauvegarde de l'emploi présenté par GBNA Santé au sein de la polyclinique Pau-Pyrénées ». Car « les fermetures envisagées de plusieurs activités essentielles constituent un choc sanitaire et social majeur pour l'ensemble du territoire béarnais et, plus largement, pour un bassin de population de près de 450 000 habitants […] Les salariés ne peuvent aujourd'hui être les victimes des choix stratégiques et de gestion opérés ces dernières années par GBNA Santé. Les conséquences humaines, sociales et territoriales de cette situation seraient considérables. »

Aussi, le Département entend se montrer vigilant quant « au maintien de la continuité des soins pour les patients ; aux conditions d'accompagnement des salariés concernés ; à la préservation d'une offre hospitalière accessible et sécurisée ; ainsi qu'à la coordination indispensable entre l'État, l'ARS, le Centre hospitalier de Pau et l'ensemble des acteurs de santé. »