Un dernier conseil municipal sous le signe des adieux et des tensions à Cestas
Le dernier conseil municipal de la mandature à Cestas, qui s'est tenu mardi 24 février, a été un moment chargé d'émotions et de contradictions. D'un côté, les hommages appuyés rendus à Pierre Ducout, maire de la commune pendant cinquante-trois ans et élu local pendant cinquante-cinq ans, qui tire sa révérence. De l'autre, une ambiance électrique liée à la campagne électorale en cours, où les tensions entre majorité et opposition étaient palpables.
Les adieux émouvants d'un maire historique
Les applaudissements ont fusé à plusieurs reprises lors des hommages rendus par différents élus à Pierre Ducout. Valérie Gastaud (PC), pour qui c'était également le dernier conseil, a chaleureusement remercié le maire sortant de lui avoir permis de vivre « cette expérience unique, qui est de se mettre au service de nos concitoyens ». Pierre Chibrac, adjoint au sport, très ému, a salué « l'écoute et le soutien » de Pierre Ducout, qui ont notamment permis la création du complexe sportif de Bouzet.
Jérôme Steffe, le successeur désigné comme maire, a exprimé « un grand merci pour l'ensemble de votre œuvre » et a salué « l'âme d'un village » à Cestas. Pierre Ducout a saisi cette perche pour souligner : « L'esprit villageois est réel. On se respecte, on se sourit, on se dit bonjour. » Le maire sortant a également remercié les élus et le personnel communal, affirmant que « l'efficacité n'empêchant pas la convivialité ».
Une campagne électorale qui empoisonne l'atmosphère
Malgré ces moments de grâce, l'ambiance générale restait tendue, principalement en raison de la campagne électorale. Valérie Gastaud a exprimé ses regrets concernant « la calomnie, les trolls sur les réseaux sociaux, les campagnes d'affichage qui se veulent satiriques » qui caractérisent selon elle la période pré-électorale.
Elle a fait référence à des affiches montrant Jérôme Steffe caricaturé dans diverses postures controversées : endormi dans son fauteuil avec un verre à la main, accroché à un pylône 5G, coupant un arbre à la tronçonneuse près d'une maquette de lotissement, ou encore surfant en maillot avec un comparse. Les légendes accompagnant ces images étaient tout aussi provocatrices : « L'écologie, la concertation pour quoi faire ? » ou « Ils ont dit oui au surfpark de Canéjan ».
Frédéric Zgainski, chef de l'opposition (Demain Cestas), s'est quant à lui présenté comme victime de cette campagne, déclarant : « J'ai été caricaturé en bottes, sous un parapluie, promenant mon chien. » Son intervention lors du conseil n'a pas pris la forme d'un hommage, mais plutôt d'un bilan très mitigé de la mandature.
Des dossiers qui divisent
Plusieurs points à l'ordre du jour ont illustré les divergences entre majorité et opposition :
Centrale agrivoltaïque : Le conseil a donné un avis favorable au projet de centrale agrivoltaïque sur une surface de 41,8 hectares, chemin Dubourdieu, sous réserve de l'implantation d'une haie végétale composée d'essences locales. Frédéric Zgainski, bien que favorable au projet, a estimé cette délibération prématurée compte tenu de l'état d'avancement insuffisant du dossier. Jérôme Steffe lui a répondu qu'il ne s'agissait que d'un premier avis et que le permis devait être délivré par les services de l'État.
Bâtiment préfabriqué pour le CCAS : L'opposition a voté contre le projet de bâtiment préfabriqué pour le centre communal d'action sociale, mettant en doute sa durabilité (bardages métalliques) et le coût probablement élevé du chauffage. Jérôme Steffe a défendu le projet en citant l'exemple des cuisines de Villenave-d'Ornon, réalisées il y a dix ans avec des éléments modulaires similaires et toujours en excellent état.
Ce dernier conseil municipal de Cestas aura donc été le reflet des contradictions d'une période de transition : entre la reconnaissance due à un édile historique et les tensions inhérentes à une campagne électorale qui s'annonce disputée, entre les projets d'avenir et les divergences sur leur mise en œuvre.



