Un budget 2026 largement consacré aux solidarités en Dordogne
Ce mardi 31 mars, le Conseil départemental de la Dordogne a poursuivi ses débats sur le budget primitif pour l'année 2026. Les discussions ont mis en lumière la part prépondérante des dépenses sociales, qui représentent près de la moitié du budget total, soit 340 millions d'euros sur un ensemble de 711 millions.
Une pression sociale croissante sur les finances départementales
Lors de cette deuxième journée de vote, les élus ont examiné en priorité les dossiers relatifs à la solidarité, la santé, la famille et l'enfance. Jacques Ranoux, conseiller départemental de Saint-Astier, a rappelé en préambule que 40% de la population de la Dordogne est soutenue par la direction de la solidarité et de la prévention.
Le secteur de l'enfance est particulièrement touché, avec un nombre d'enfants placés qui a plus que doublé au cours de la dernière décennie. Les dépenses pour les personnes en situation de handicap et le Revenu de solidarité active (RSA) connaissent également une augmentation significative, ce dernier affichant une hausse de 2,55% par rapport à l'enveloppe de 2025.
Germinal Peiro, président socialiste du Département, a qualifié ces évolutions de signes de dégradation de la société, soulignant la contrainte que représente cette charge financière plutôt qu'un choix politique.
La pauvreté en hausse malgré les dispositifs d'insertion
La présentation du programme départemental d'insertion pour la période 2026-2030 a révélé sans détour la fragilité du territoire. En décembre 2025, la Dordogne comptait 9 343 foyers allocataires du RSA, ce qui représente entre 12 000 et 18 000 bénéficiaires, enfants inclus.
Mireille Volpato, vice-présidente chargée des solidarités, a déploré cette situation, précisant que ces personnes survivent grâce au RSA. Elle a martelé que cette allocation de 568,94 euros mensuels pour une personne seule (1 200 euros pour une famille de trois enfants) n'est pas un choix, mais une contrainte.
La vice-présidente a tenu à rappeler que le RSA est l'allocation la plus contrôlée de France, mais aussi la plus stigmatisée, avec seulement 0,5% de fraude enregistrée en Dordogne en 2025.
Des chiffres qui illustrent une précarisation durable
Depuis 2011, le département constate une explosion du nombre de travailleurs modestes et pauvres. Le Périgord est passé de 3 228 personnes bénéficiant de la prime d'activité à 31 500 aujourd'hui.
Autre évolution inquiétante : la moitié des allocataires du RSA en Dordogne le perçoivent depuis plus de cinq ans, contre seulement 26% en 2011. Face à cette réalité, la majorité de gauche a affirmé que la solidarité, c'est un coût, mais aussi un investissement, tout en reconnaissant que le Département ne peut et ne veut être tout seul.
Des positions politiques divergentes sur les solutions à apporter
Les débats ont fait ressortir des approches différentes selon les sensibilités politiques. Jacques Auzou a pointé du doigt les 15 000 citoyens français multimillionnaires qui ne paient pas l'impôt, tandis que Laurent Mossion, représentant la droite, a suggéré qu'il faut que les gens en insertion aient cette capacité à s'adapter au monde économique.
Thierry Cipierre, une autre voix de droite, a préféré vanter les mérites du dispositif Territoire zéro chômeur, expérimenté à Coulounieix et à Ribérac.
La santé, autre sujet de tension budgétaire
La consolidation de l'offre médicale sur les territoires a généré des passes d'armes entre les groupes politiques, comme lors du budget 2025. Le choix de la collectivité d'ouvrir des centres départementaux de santé à Excideuil (2018), Saint-Médard-de-Mussidan (fin 2011), Ribérac (2022) et bientôt Saint-Léon-sur-l'Isle et Nontron (2027) a été vivement discuté.
Les deux groupes de droite ont voté contre ou se sont abstenus, critiquant le sous-fonctionnement de ces centres où les médecins et secrétaires sont salariés. Ils pointent du doigt un nombre insuffisant de consultations et de patients par médecin.
Germinal Peiro a rétorqué que 31 808 consultations, c'est déjà ça, soutenu par sa majorité pour qui on ne marchande pas la santé. Ces débats illustrent les défis auxquels fait face le département pour concilier contraintes budgétaires et besoins sociaux croissants.



