Un Budget Départemental de 985 Millions d'Euros pour 2026
Fidèle aux débats d'orientations budgétaires, la majorité départementale de l'assemblée des Pyrénées-Atlantiques a dévoilé un budget recentré sur les compétences de la collectivité, en maintenant un engagement fort sur le logement. Ce budget, qui sera soumis au vote ce vendredi 2 avril, s'élève à 985 millions d'euros pour l'exercice 2026. Il comprend 114 millions d'euros en investissement (hors dette) et 765 millions en dépenses de fonctionnement, des chiffres globalement stables par rapport à l'année précédente, avec une légère baisse de 10 millions en investissement et une hausse de 29 millions en fonctionnement.
L'Opposition Conteste les Choix Politiques
Dès les premiers échanges, l'opposition a annoncé son intention de voter contre ce budget. Stéphanie Maza, représentante de la gauche, a présenté un réquisitoire sévère, soulignant la nécessité de tirer les leçons de la forte abstention et de la montée de l'extrême droite aux élections municipales. « Nous devons faire de la politique autrement en redonnant de la place à la proximité, à l'écoute et au collectif », a-t-elle déclaré. La gauche critique les « injonctions de l'exécutif » qui, selon elle, exercent une pression accrue sur les solidarités, les associations et la prévention, éléments essentiels du maillage territorial.
Les Priorités de la Majorité Détaillées
Dans son propos liminaire, le président Jean-Jacques Lasserre a exposé les priorités de l'exécutif, alignées sur les débats budgétaires précédents. Parmi les axes majeurs :
- La prise en charge des personnes fragiles, avec des moyens supplémentaires pour les établissements médico-sociaux et l'accompagnement des jeunes en difficulté.
- L'aménagement et la solidarité territoriale, incluant la sécurisation de 4 300 kilomètres de voirie départementale.
- Des prospectives avec un cycle de conférences sur l'avenir du Béarn et du Pays basque à l'horizon 2040, débutant le 23 avril à Lons.
Il a également mis en avant un dispositif novateur pour lutter contre les déserts médicaux et un soutien continu de 25 millions d'euros par an pour le logement social, l'accession à la propriété et la rénovation.
Désaccords sur le RSA et les Allocations
Les tensions se sont accentuées autour de la politique sociale, notamment la réglementation du RSA. Franck Lamas, de l'opposition, a reproché à l'exécutif de créer un « laboratoire de la misère organisée », en s'opposant à la politique de sanctions. Jean-Jacques Lasserre a répliqué en demandant des preuves, tandis qu'Olivier Alleman a évoqué les difficultés à contacter tous les bénéficiaires. Annick Trounday a pointé une fraude aux allocations dans le département, représentant plus de 2 millions d'euros, un sujet qui divise profondément les élus.
Consensus sur l'Évolution Démographique
Le seul point d'accord concerne l'évolution démographique. Le vieillissement de la population entraîne une hausse mécanique des dépenses de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), qui atteignent 103 millions d'euros, en augmentation de 36 % en six ans, sans compensation intégrale de l'État. Véronique Lipsos-Sallenave, vice-présidente chargée des finances, résume ce budget comme « responsable et équilibré », tandis que Véronique Dehos le qualifie de « budget de statu quo ».
Départ d'une Conseillère Départementale
La session a débuté par l'annonce du départ de Marie-Pierre Cabanne, conseillère départementale de gauche, après dix-huit ans de mandat. Elle cède sa place à Karine Billaut. Jean-Jacques Lasserre a salué son engagement et sa détermination, tandis que ses collègues ont loué son intégrité et sa pugnacité. « Je suis très émue. C'est sans regret, mais avec plaisir que j'ouvre une nouvelle page », a réagi Marie-Pierre Cabanne, qui reste maire de Gomer.



