Issus des élections municipales de mars 2026, les nouveaux élus de Bordeaux Métropole sont installés ce vendredi 24 avril. Omniprésente au niveau local, bien plus puissante que les communes, la Métropole est le vrai siège du pouvoir. Présentée comme le troisième tour des élections municipales, l’installation des élus de Bordeaux Métropole a lieu ce vendredi 24 avril. Seront désignés le président (le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave), les vice-présidents et les autres élus du conseil métropolitain. Ils sont 104 au total, représentant les 28 communes de la Métropole (854 000 habitants), au prorata du poids démographique de chacune. Bordeaux place 34 élus, Mérignac neuf, Pessac huit, Talence et Villenave-d’Ornon cinq, Saint-Médard-en-Jalles et Bègles quatre, etc. Bordeaux Métropole a été fondée en 2015, c’est l’héritière de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), née en 1968. Les Métropoles sont parfois considérées comme des « trous démocratiques », car il n’y a pas d’élection au suffrage universel direct (les élus y sont envoyés par leur commune). Pourtant, c’est le vrai siège du pouvoir local. Voici ce qu’il faut retenir.
1. À quoi sert la Métropole ?
À tout. Transports en commun, gestion des déchets, de l’eau, aménagement économique, urbanisme, logement, grands équipements culturels et sportifs… Tous les aspects de la vie quotidienne sont régis par la Métropole, au-dessus des frontières communales. Ses compétences et ses moyens sont sans commune mesure avec ceux des communes. « Sans elle, un maire ne fait rien de grand », résume Patrick Bobet, ex-maire du Bouscat et ex-président de Bordeaux Métropole (2019-2020). Sans elle, pas de tramway, de rénovation des quais, de stade Atlantique (ex-Matmut), d’Arena de Floirac ou encore de ponts Chaban-Delmas et Simone-Veil.
2. Une puissance financière XXL
En 2022, la Métropole signe avec Keolis le marché des transports en commun du réseau TBM pour 2,2 milliards d’euros. Ce contrat, le plus gros de son histoire, donne une idée de sa puissance financière. Dotée d’un budget de plus de 2,24 milliards d’euros, elle dispose d’une force de frappe sans égale. Pour comparaison, la Ville de Bordeaux a un budget de « seulement » 636 millions d’euros, celle de Mérignac 145 millions d’euros. Sans sa capacité d’investissement, aucun projet d’ampleur ne peut voir le jour. « Le vrai pouvoir financier est là, c’est clair », ajoute Patrick Bobet. En 2026, la Métropole doit investir sur son territoire plus de 1 milliard d’euros.
3. La bascule de gauche à droite
La gauche ayant perdu plusieurs communes aux élections municipales de mars 2026, dont Bordeaux, la droite et le centre reprennent le pouvoir au sein de la Métropole, avec une majorité confortable. Jusqu’en 2020, droite et gauche s’entendaient pour gouverner ensemble, mettant les conflits politiques sous le tapis. C’était le système dit de la cogestion, envoyé aux oubliettes il y a six ans par la majorité PS-EELV. On verra vendredi si la cogestion est réinstallée, avec éventuellement deux vice-présidences proposées à la gauche. La Métropole est par essence un aménageur collectif, mais elle intervient aussi à titre « individuel » dans les communes à la demande de chaque maire (via les contrats de codéveloppement). C’est ici qu’une éventuelle inflexion politique vers le centre-droit se verra en premier.



