La succession de Jacques Bilirit ouvre une campagne intense dans le Marmandais
Alors que les résultats des élections municipales viennent à peine d'être officialisés ce 22 mars, une autre bataille politique se prépare déjà dans le Marmandais. Les maires de la région vont devoir élire le prochain président de Val de Garonne Agglomération, un siège laissé vacant après la défaite de Jacques Bilirit, maire de Fourques, lors du premier tour.
Deux figures historiques écartées, le jeu politique rebattu
La chute de Jacques Bilirit, ancien socialiste qui présidait l'agglomération depuis six ans, et la défaite de Gilles Lagaüzère, ancien maire de Sainte-Bazeille (divers droite), ont complètement redistribué les cartes politiques locales. Ces deux figures historiques, qui s'étaient affrontées en 2020, sont désormais hors jeu, créant une situation inédite où les tractations se multiplient en coulisses depuis plusieurs semaines.
Gilles Lagaüzère paie peut-être son implication au sein de l'instance communautaire au détriment de sa ville, ayant été renversé par le jeune Thomas Machefé. Cette double défaite ouvre la voie à de nouvelles candidatures et à des recompositions politiques significatives.
Deux candidats principaux émergent clairement
Du côté de la droite, Gaëtan Malange, patron départemental des Républicains et sénateur suppléant de Christine Bonfanti-Dossat, apparaît comme le candidat naturel. Facilement réélu dans sa commune de Saint-Barthélemy-d'Agenais, il n'a jamais caché son ambition de briguer la présidence de l'agglomération et semble, à ce jour, être le seul candidat déclaré de son camp.
À gauche, Joël Hocquelet, fraîchement réélu maire de Marmande, représente l'autre pôle majeur de cette élection. L'ancien médecin souhaite revenir à un mode de gouvernance avec un président maire de la ville-centre, à l'image des anciens édiles Gérard Gouzes et Daniel Benquet. Sa ville possède 20 sièges à l'Agglo, ce qui lui confère un poids considérable dans les négociations.
« Il y a des choses qui doivent évoluer pour l'Agglomération qui est à un carrefour budgétaire. On a repoussé des investissements et il va falloir faire des priorisations. Si cela doit être nous, nous les porterons », commentait Joël Hocquelet dimanche soir après le second tour.Les petites communes dans l'attente
Si certains maires de petites communes expriment traditionnellement des craintes d'être « mangés par Marmande », d'autres reconnaissent le rôle de locomotive de la ville-centre. Jean-François Thoumazeau, maire de Gaujac de tendance macroniste, estime que « si les rapports sont équilibrés, il n'y a pas de raison d'être contre cette gouvernance ».
Plusieurs maires adoptent cependant une position attentiste. À Clairac, Émilie Bayle (3 sièges) considère qu'« il est prématuré » de prendre position, tandis qu'à Beaupuy, Jean-Pascal Delzon (2 sièges), qui a longtemps critiqué la trop forte présence de son prédécesseur à l'Agglomération, ne semble pas intéressé par la présidence.
Les négociations se poursuivent en coulisses
Les deux candidats principaux seraient actuellement en quête de vice-présidents pour constituer leurs équipes. Certaines communes comme Clairac et Sainte-Bazeille, par leur taille et leur nombre de sièges (3 chacun lors du dernier mandat), peuvent légitimement prétendre à ces postes clés.
Denis Bertolaso, élu à Tonneins (11 sièges), devait consulter ses équipes dans la semaine mais « ne pense pas à la présidence ». Quant à Laurent Capelle, maire de Jusix et jusqu'alors vice-président aux finances, il dément toute candidature, tout comme Christophe Courrègelongue, maire de Virazeil (1 siège), dont le nom avait circulé cet automne.
Une élection cruciale pour l'avenir de l'agglomération
Les discussions vont se poursuivre discrètement jusqu'à la date de cette élection communautaire, qui devrait se tenir courant avril, au plus tard le 24. Cette élection intervient à un moment crucial pour Val de Garonne Agglomération, confrontée à des choix budgétaires importants après le report de plusieurs investissements.
Le nouveau président devra non seulement gérer ces priorités financières, mais aussi trouver un équilibre entre les intérêts de la ville-centre et ceux des communes périphériques, dans un contexte politique local profondément renouvelé par les récentes élections municipales.



