À Bandol, le nouveau maire enterre le projet de maison de santé en construction
Bandol : le maire abandonne la maison de santé en cours

Le projet de centre médical définitivement abandonné à Bandol

Le nouveau maire de Bandol, Franck Bertoncini, a officiellement confirmé lors du conseil municipal du vendredi soir l'abandon du projet de maison de santé dont la construction était en cours dans le quartier du Val d'Aran. Cette décision, annoncée durant la campagne électorale, marque un tournant dans la politique municipale de cette commune du Var.

Un bâtiment en construction qui changera de destination

Le centre médical, dont les travaux avaient débuté en novembre dernier, devait initialement ouvrir ses portes en septembre prochain avec une douzaine de cabinets, principalement de médecins généralistes. D'un coût estimé à 2,4 millions d'euros, ce projet était jugé nécessaire par l'ancienne équipe municipale pour faire face à la pénurie de médecins liée aux départs en retraite.

« Je l'avais écrit dans mon programme, les électeurs ont bien compris que ce gros centre de santé allait servir à toute la communauté d'agglomération voire plus, et pas aux Bandolais ; ce n'était donc peut-être pas à nous de le financer », a déclaré Franck Bertoncini en réponse aux questions de l'ancienne première adjointe Valérie Bouron.

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Le maire a précisé que le bâtiment en construction connaîtrait « une nouvelle destination », sans toutefois révéler immédiatement sa future affectation. « La destination du bâtiment, on en parlera le moment venu », a-t-il indiqué, ajoutant que sa municipalité préférait aménager « deux locaux médicaux à loyers modérés » pour accueillir des médecins, solution qui « n'impactera pas lourdement les finances publiques sur le long terme ».

Des finances communales solides pour de nouveaux investissements

Lors de ce conseil municipal consacré à l'examen du rapport d'orientations budgétaires (ROB), le directeur financier de la Ville a présenté un document préparé par l'ancienne majorité, soulignant la « très bonne santé financière de la commune ». Les charges de personnel sont « contenues depuis 2014 », les charges générales « maîtrisées » et les charges financières « très faibles puisque la commune est très faiblement endettée ».

Franck Bertoncini a confirmé que sa municipalité maintiendrait l'engagement de ne pas augmenter les impôts durant le mandat, tout en annonçant un programme d'investissements de 30 à 35 millions d'euros sur six ans. « On va faire ce que j'ai appris avec M. Joseph : savoir gérer. Mais nous, on va gérer différemment », a-t-il affirmé.

Une nouvelle ère pour la politique municipale

L'ancienne adjointe Elodie Aymes a reconnu que le nouveau maire prenait en main « une mairie dont les finances sont particulièrement saines et solides », tout en regrettant que « les Bandolais aient été inquiétés sur la situation potentielle financière de notre commune » durant la campagne.

En réponse, Franck Bertoncini a évoqué un tract de l'ancienne majorité qui le présentait de manière négative : « Je ne suis pas un voyou, un malhonnête ou un illettré, comme il était écrit. Les Bandolais ont montré une volonté de changement, ils ne voulaient pas de vos gros projets. Et nos projets ne seront pas décidés entre trois ou quatre élus, mais ils seront pour tous les Bandolais. Une nouvelle ère démarre. »

Questions sur les subventions et changements dans l'équipe municipale

Valérie Bouron a interrogé le maire sur le devenir des subventions accordées pour le projet de maison de santé, notamment 800 000 euros du Fonds européen de développement régional (Feder), 300 000 euros de l'Agence régionale de santé (ARS), 40 000 euros du Département, ainsi que des aides de la Région et de l'État.

« Quant aux subventions, on ne les a pas touchées, on ne peut donc pas les rembourser. Mais on pourra peut-être aussi les récupérer avec le modèle que nous choisirons. Faites confiance au petit Bandolais et à son équipe », a répondu l'édile.

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Par ailleurs, le conseil municipal a enregistré plusieurs changements dans sa composition. Philippe Leclercq, élu sur la liste du maire, a démissionné pour éviter tout conflit d'intérêts alors qu'il devrait devenir PDG de la Société de gestion du port de Bandol (Sogeba). Il est remplacé par Diane Souffrice. Marlène Nadjarian, élue d'opposition, a également démissionné et cède sa place à Jacques Bardet.

Priorité aux quartiers et à la jeunesse

Le maire a précisé les orientations de sa politique municipale, annonçant vouloir « mettre beaucoup sur les quartiers » et s'occuper « en premier du quotidien des Bandolais et des projets concernant la jeunesse ». Il a notamment évoqué la rénovation du gymnase et du centre aéré, qu'il a décrit comme étant « dans un état déplorable ».

« On pourra financer tout ça sans endetter la commune, avec l'engagement politique aussi de ne pas augmenter les impôts durant le mandat », a assuré Franck Bertoncini, précisant que sa municipalité pourrait aller jusqu'à quatre ou cinq ans pour rembourser sa dette, contre un à deux ans pour l'ancienne équipe.