Arbonne tourne la page après dix-huit ans de mandat sous Marie-José Mialocq
Les pinceaux et les bobines de couture attendent désormais Marie-José Mialocq. Après dix-huit années passées aux commandes de la mairie d'Arbonne, l'édile de 74 ans s'apprête à quitter ses fonctions avec un mélange de sérénité et de soulagement. « Je pars avec une grande sérénité d'esprit, le sentiment du travail bien fait, celui d'avoir participé à l'évolution du village », déclare-t-elle, tout en préparant activement sa reconversion vers des activités artistiques et associatives.
Un bilan contrasté entre réalisations et controverses
Le mandat de Marie-José Mialocq, étalé sur trois périodes électorales de 2008 à 2026, aura profondément transformé la commune. Parmi les réalisations dont elle se montre particulièrement fière figure en premier lieu la construction de l'école, « le point d'orgue de la feuille de route élaborée en 2008 ». Elle revendique également l'aménagement complet du bourg, la requalification des espaces publics, l'amélioration significative de l'offre de services et la mise en accessibilité de la mairie.
Pourtant, cette transformation s'est opérée au forceps, laissant des traces durables parmi les 2 364 habitants. La maire reconnaît elle-même que ses méthodes de gouvernance ont été source de tensions. « Les trois mandats ont eu leurs lots de difficultés », admet-elle, évoquant particulièrement son troisième mandat qu'elle qualifie de « terrible » en raison des conflits avec l'opposition.
Trois visions pour l'avenir de la commune
Le départ de Marie-José Mialocq ouvre la voie à une bataille électorale à trois voix, reflétant les divisions persistantes au sein de la population arbonare.
Jacqueline Peigneguy, l'héritière
Adjointe aux affaires scolaires sortante, Jacqueline Peigneguy mène la liste « Poursuivons l'élan » avec cinq autres membres de l'ancienne majorité. À 70 ans, cette fille du pays défend l'héritage de la maire sortante : « Madame Mialocq a changé le village, qui est devenu très accueillant, avec beaucoup de commerces ». Elle aspire cependant à un mandat plus apaisé que les précédents.
Guillaume Fourquet, le rassembleur
Ancien adjoint du deuxième mandat, Guillaume Fourquet a démissionné en 2021, fatigué par « les dissensions politiques, les querelles stériles et personnelles » au sein du conseil municipal. Avec sa liste « Arbona Batua - Arbonne unie », il veut « tourner la page » et « remettre l'humain au centre des décisions », tout en reconnaissant les aménagements réalisés sous le mandat précédent.
Beñat Arla, le ruptureur
Plus radical dans sa volonté de changement, Beñat Arla, 57 ans, promet de « refermer le livre Mialocq » définitivement. Sa liste « Arbonne demain » s'engage à instaurer une « démocratie participative réelle », avec un retour de la confiance et de la transparence entre élus et population. « Ils m'ont appris ce que je ne voulais plus », confie-t-il à propos de ses prédécesseurs.
Une transition vers la vie civile et associative
Marie-José Mialocq, qui quittera officiellement ses fonctions le 22 mars, envisage désormais de se consacrer à la peinture, la couture et surtout à un engagement associatif environnemental. « Je vais m'investir dans une association environnementale », promet-elle, gardant ainsi un pied dans le débat public tout en tournant la page sur son expérience municipale.
Officiellement, la maire sortante ne soutient aucune des trois listes en lice, se contentant d'espérer que la future équipe poursuivra son œuvre. Une position qui en dit long sur les attentes de celle qui aura marqué de son empreinte, pour le meilleur et parfois pour le pire, près de deux décennies de vie municipale à Arbonne.



