Claude Alemagna prend les rênes de DPVa avec une vision pragmatique et un refus catégorique de l'extrême droite
Fraîchement élu à la présidence de Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa), Claude Alemagna, également maire de Lorgues, dévoile sa feuille de route pour les prochaines années. Son approche se veut à la fois ambitieuse et réaliste, avec un accent marqué sur la cohésion territoriale, la gestion des déchets et l'équilibre entre communes. Dès son entrée en fonction, il répond sans détour aux dossiers sensibles et révèle des informations cruciales concernant les pénalités financières de l'agglomération.
Une élection interne et des motivations claires
L'accession de Claude Alemagna à la présidence de DPVa s'est faite à l'issue d'un vote interne entre maires, organisé comme une primaire à bulletins secrets. « Au lendemain du second tour des élections municipales, nous nous sommes retrouvés entre maires dans un lieu neutre », explique-t-il. « J'ai été critique car le mandat précédent n'avait rien apporté, le bilan n'était pas bon. Je voulais donner un nouveau souffle à DPVa. » Il remporte cette consultation avec 14 voix face à Richard Strambio, qui avait pourtant annoncé sa candidature à sa propre succession.
La motivation principale d'Alemagna réside dans son constat que DPVa ne répondait pas à toutes les attentes des communes membres. Il pointe notamment des problèmes majeurs sur les services de l'eau, de l'assainissement et, surtout, sur la gestion des déchets via le Pôle de transition environnementale (PTE).
Les révélations financières et le refus de l'extrême droite
Parmi les informations dévoilées, le montant des pénalités liées au PTE s'élève à 4,2 millions d'euros. « Des pénalités à la fois sur les banques qui se sont engagées et, en même temps, les bureaux d'études qui ont travaillé sur le projet », précise le président. Concernant ses indemnités, il découvre avec surprise qu'elles s'établissent à 5 960 euros bruts, contre 1 533 euros bruts lorsqu'il était vice-président.
Sur le plan politique, Claude Alemagna adopte une position ferme concernant le Rassemblement national. « Je ne peux pas travailler avec l'extrême droite, je ne suis pas perméable au Rassemblement national », affirme-t-il catégoriquement. Il justifie cette position en accusant le RN d'avoir « politisé toutes les élections municipales, fait une campagne électorale sous les jupes de Marine Le Pen ». Cette ligne directrice explique pourquoi trois communes (Salernes, La Motte, Sillans-la-Cascade) ne sont pas représentées au bureau de l'agglomération.
Les priorités concrètes pour l'avenir de DPVa
Claude Alemagna esquisse plusieurs axes prioritaires pour son mandat :
- Relance d'un projet d'usine de traitement et de valorisation des déchets en mutualisant les moyens avec d'autres territoires voisins (Provence verte, Cœur du Var, lacs et gorges du Verdon, Provence Verdon, Pays de Fayence).
- Réhabilitation de la piscine Alex-Jany à Draguignan pour répondre au manque d'équipements aquatiques.
- Mise à disposition du parking devant le lycée du Muy pour les habitants et lycéens.
- Développement d'une grande intercommunalité plus attractive, solidaire et durable.
Le président insiste sur sa méthode fondée sur le dialogue, l'efficacité et l'intelligence collective. « L'équipe est soudée, elle a la volonté de porter encore plus haut ce territoire », déclare-t-il. « Avec les Dracéniens, les communes adhérentes, nous allons pouvoir faire avancer nos programmes, soutenir le tissu économique. Il faut avancer avec pragmatisme. »
Né à Draguignan et profondément attaché à ce territoire, Claude Alemagna promet une attention égale à toutes les communes, y compris la ville centre. « J'aurai autant d'attention pour la ville centre que les autres communes afin que celle-ci puisse se développer, s'améliorer », assure-t-il, rappelant que trois Dracénois font partie des conseillers délégués.



