Vincent Bouget, le nouveau maire communiste de Nîmes : portrait d'un Nîmois pur souche
Vincent Bouget, le nouveau maire communiste de Nîmes

Vincent Bouget, un Nîmois pur souche à la tête de la mairie

Vincent Bouget a été élu maire de Nîmes le 29 mars dernier, mettant fin à quatre mandats de Jean-Paul Fournier. Pour remporter la ville, il a réussi à fédérer la gauche, à l'exception de La France Insoumise, en capitalisant sur une identité locale dont il se revendique pleinement.

Un homme du terrain, accessible et à l'écoute

Au marché de Pissevin ou à la terrasse d'un restaurant du quartier Saint-Césaire, les Nîmois viennent spontanément saluer leur nouveau maire, le féliciter ou lui demander une photo. Vincent Bouget, toujours souriant et disponible, traverse actuellement un état de grâce amplifié par sa réputation d'homme à l'écoute et non sectaire. "Surtout pour un communiste", ont souligné plusieurs interlocuteurs.

Des racines profondément ancrées dans la ville

Né à Nîmes le 19 septembre 1979 à la clinique Saint-Joseph, située alors face aux arènes, Vincent Bouget est un pur produit de sa ville. Son parcours scolaire le confirme : école Jean-Jaurès, collège Révolution, lycée Daudet. "Arrivée de Vincent et retour d'El Cordobès", avait noté son grand-père dans son carnet à l'occasion de sa naissance pendant la feria des Vendanges.

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Après une maîtrise d'histoire-géographie à la Sorbonne et l'obtention du Capes, il devient professeur, d'abord dans les Yvelines puis à Sarcelles pendant cinq ans, avant de revenir s'installer à Nîmes pour "gagner en qualité de vie". Il partage sa vie avec Fanny Flassier, rencontrée au lycée, avec qui il a deux filles de 13 et 16 ans.

Un engagement communiste précoce et assumé

Vincent Bouget est presque autant communiste que nîmois. S'il a officiellement adhéré au Parti Communiste en 2002, il baignait déjà dans cet univers depuis l'enfance, avec une grand-mère résistante et des parents militants. Une déclaration de Jean-Marie Le Pen a servi de déclic : "Le 21 avril 2002, quand il a dit : 'J'ai deux bonnes nouvelles : je suis au second tour, et le parti communiste est mort'."

Il milite une décennie avant de se présenter pour la première fois aux élections cantonales de 2011, où il affronte déjà Franck Proust (UMP) et Julien Sanchez (FN). Devenu patron du PC dans le Gard, sa victoire aux départementales de 2021 face au sénateur LR Laurent Burgoa le légitime comme chef de l'opposition nîmoise, incontesté même par les socialistes.

Une union de la gauche réussie

Christian Assaf, vice-président de la Métropole de Montpellier mais attentif à sa ville natale, confirme : "C'est un supporter de sa ville, empathique. Avec son intégrité intellectuelle, il incarne le rassemblement. Il devait mener la liste, je n'en doutais pas." Carole Delga avait également souhaité le voir prendre la tête d'une liste d'union dès 2020. L'union de la gauche (hors LFI) s'est finalement concrétisée six ans plus tard.

Un style de gouvernance ancré dans le terrain

Laurent Burgoa, son ancien adversaire, reconnaît ses qualités : "Vincent Bouget a su gagner sa place, au PC, dans l'opposition, puis il a fait l'union. On jugera au fil du temps. Mais c'est un démocrate, un républicain... Dire qu'il est sectaire serait mentir." Il évoque un "moment fort" le soir de l'élection, lorsque Bouget et Fournier se sont mutuellement appelés "Monsieur le maire".

Vincent Bouget incarne pleinement l'identité nîmoise : aficionado assumé malgré les controverses, supporter des Crocos du Nîmes Olympique (il allait même les voir jouer à Sannois Saint-Gratien quand il vivait à Paris), et issu d'une famille protestante dont il conserve les codes culturels sans être croyant.

Un mandat qui s'annonce exigeant

Le nouveau maire se sait attendu, tant par sa majorité plurielle que par l'opposition. Il devra notamment gérer la présidence de l'agglomération, dont l'élection est prévue le mardi suivant son entretien. Face aux attentes, il affirme vouloir "incarner un changement, mais sans cliver".

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Son style de gouvernance reste ancré dans le terrain : "Je veux poursuivre le débat citoyen, avec mes valeurs, sur le terrain, au contact. Je ne veux pas rester dans ma tour d'ivoire. Tous les matins, je vais à la mairie à pied, je m'arrête boire un café, je discute... Je vais continuer." Une approche qui pourrait bien définir son mandat à la tête de la ville de Nîmes.