La fin d'une ère politique à Tende
Après vingt-cinq années consécutives à la tête de la mairie de Tende, Jean-Pierre Vassallo a été battu lors des élections municipales du 22 mars 2026. Son adversaire, Sylvie Calvin-Moreau, a remporté le scrutin serré, marquant un tournant significatif dans la vie politique locale. L'ancien édile a immédiatement annoncé son retrait complet de la scène politique, refusant même de siéger au conseil municipal dans l'opposition.
Un engagement profond pour sa commune
Jean-Pierre Vassallo, qui se décrit comme « enfant du village, pâtissier », a exprimé « une fierté incomparable » d'avoir exercé la fonction de maire. Son empreinte sur Tende est indéniable et se manifeste à travers de nombreuses réalisations :
- Création de la maison des jeunes et développement des clubs sportifs
- Construction de salles culturelles et du cinéma municipal
- Soutien aux initiatives associatives locales
- Développement du Musée des Merveilles
- Renforcement des coopérations transfrontalières avec l'Italie
L'ancien maire rappelait régulièrement : « Nous avons été européens avant l'Europe », soulignant son attachement particulier aux relations transfrontalières. Cet engagement lui a valu la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mérite ainsi que des hommages appuyés de la presse italienne.
Une figure passionnée et parfois clivante
Personnalité marquante du paysage politique local, Jean-Pierre Vassallo n'a jamais hésité à défendre fermement ses convictions. Parmi ses prises de position les plus marquantes :
- Sa qualification du chantier du tunnel de Tende comme « chantier de la honte »
- Son rôle déterminant lors de la tempête Alex en octobre 2020
- Son action vigoureuse pour la reconstruction du village après cette catastrophe
Face à un village partiellement détruit et isolé par la tempête Alex, l'élu s'était initialement montré profondément affecté avant de retrouver l'énergie nécessaire pour accompagner la reconstruction. Il s'était alors transformé en véritable vigie, n'hésitant pas à dénoncer les lenteurs et incohérences administratives, y compris auprès d'Emmanuel Macron.
La reconnaissance d'une défaite et le retrait définitif
Dans les jours suivant sa défaite électorale, Jean-Pierre Vassallo s'est finalement exprimé, reconnaissant sans détour l'issue du scrutin : « Les gens voulaient du changement (...) je prends acte des résultats et j'en assume personnellement la responsabilité. » Il a qualifié ce vote de « lame de fond » et de véritable rejet politique.
L'ancien maire analyse cette défaite comme l'expression d'une forme de « dégagisme » sous les traits du changement. « J'ai entendu le message qui m'a été adressé », a-t-il déclaré, expliquant ainsi sa décision de quitter définitivement la vie politique.
Fidèle à son slogan de campagne « Le beau, le bon, le bien pour Tende », il affirme : « Je ne suis que sur du positif, on a fait le mieux possible. » Ce retrait marque la fin d'un engagement politique qui aura duré près d'un demi-siècle au service de sa commune.
Un héritage familial et personnel
En quittant la scène publique, Jean-Pierre Vassallo a évoqué les sacrifices personnels inhérents à l'engagement politique : « L'engagement politique, comme l'exercice du pouvoir, expose inévitablement la vie personnelle et emporte avec lui l'équilibre familial. Je sais ce que mes proches ont pu endurer. Sans leur tempérance, leur dignité et leur patience, je n'aurais pas pu accomplir ce parcours. »
Il conclut sur une note personnelle : « Pour quelques-uns, j'ai été “Monsieur le Maire”. Pour la grande majorité, je suis et je resterai Jean-Pierre ! » Cette déclaration émouvante referme ainsi un chapitre majeur de l'histoire politique de Tende, laissant derrière lui une commune profondément marquée par son action et son dévouement.



