Unedic : syndicats et patronat pressent le gouvernement
Unedic : syndicats et patronat pressent le gouvernement

Dans un front commun rare, syndicats et patronat ont exhorté ce jeudi le gouvernement à cesser de ponctionner les caisses de l'assurance chômage. Réunis au sein de l'Unedic, les partenaires sociaux dénoncent une ingérence croissante de l'État dans la gestion du régime.

Un appel à l'autonomie du dialogue social

Dans un communiqué conjoint, les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P) rappellent que l'assurance chômage est gérée paritairement depuis sa création. Ils estiment que les prélèvements successifs opérés par l'État, notamment via la réforme de 2021 et les mesures d'économies budgétaires, compromettent l'équilibre financier du régime.

« Nous demandons au gouvernement de respecter les engagements pris et de mettre un terme à ces ponctions qui fragilisent l'assurance chômage », déclare un porte-parole des signataires.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des prélèvements en forte hausse

Selon les données de l'Unedic, les sommes prélevées par l'État sur les excédents de l'assurance chômage ont atteint 3,5 milliards d'euros en 2025, contre 2,1 milliards en 2024. Ces fonds sont notamment utilisés pour financer des mesures d'emploi ou réduire le déficit public.

  • En 2025 : 3,5 milliards d'euros prélevés
  • En 2024 : 2,1 milliards d'euros
  • Prévision 2026 : 4 milliards d'euros si les tendances se poursuivent

Les partenaires sociaux estiment que ces prélèvements mettent en péril la capacité du régime à faire face à une éventuelle hausse du chômage. Ils appellent à un gel immédiat de ces mesures et à l'ouverture de négociations sur le financement de l'assurance chômage.

Une réponse attendue du gouvernement

Interrogé sur le sujet, le ministère du Travail n'a pas encore réagi officiellement. Cependant, des sources proches de l'exécutif indiquent que le gouvernement pourrait être contraint de revoir sa copie face à la pression des partenaires sociaux.

Cette mobilisation intervient alors que le taux de chômage est au plus bas depuis 40 ans, ce qui alimente les excédents de l'Unedic. Mais les syndicats craignent que ces réserves ne soient utilisées comme variable d'ajustement budgétaire.

« L'assurance chômage n'est pas une vache à lait pour l'État », insiste un représentant syndical. « Nous appelons à un dialogue social respectueux de nos prérogatives. »

Les partenaires sociaux envisagent de saisir le Conseil d'État si aucune avancée n'est constatée dans les prochaines semaines. Une rencontre avec la Première ministre est demandée d'urgence.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale