Tarnos : Un conseil municipal houleux autour du droit de préemption
Le conseil municipal de Tarnos, réuni le jeudi 2 avril, s'est révélé particulièrement animé, comme l'avait anticipé le maire Marc Mabillet en déclarant en ouverture de séance : « Ce conseil sera un peu lourd ». Au cœur des débats : la délégation au maire de l'exercice du droit de préemption, qui a suscité de vives réactions de la part de l'opposition.
Une délégation contestée par les élus d'opposition
En préliminaire, le vote des délibérations concernant la délégation du droit de préemption au maire n'est pas passé inaperçu. La nouvelle élue d'opposition, Marie-Ange Delavenne, a immédiatement exprimé son désaccord, critiquant l'ampleur des autorisations accordées : « Plus de 26 hectares, ce n'est pas rien ». Les zones concernées incluent :
- Les espaces naturels et sensibles autour du lac de Garros et dans la forêt littorale
- Les zones d'aménagement différé (ZAD) Garros Sud Est et Moyne Tuc de Jobel, de part et d'autre du boulevard de la Yayi
- Les ZAD Biton, Chine et Victor-Hugo, à l'ouest du centre-bourg
- Les ZAD Mora et Vallée de l'Aygas, dans le bas Tarnos, à l'est de la voie ferrée
Marie-Ange Delavenne a protesté : « Ces délégations retirent au Conseil municipal, et donc à l'opposition, toute possibilité de débattre et de voter en connaissance de cause ». Elle a été rejointe par Alice Cassaing, qui a annoncé que son groupe d'opposition ne voterait pas un « droit au maire d'acheter ce qu'il veut, quand il veut, sans projet précis ».
La réponse de la majorité municipale
Face à ces critiques, l'adjointe Isabelle Dufau s'est agacée : « On ne va pas rejouer la campagne électorale ! ». Le maire Marc Mabillet s'est quant à lui voulu rassurant : « Vous parlez d'expropriation, il ne s'agit que d'outils destinés le cas échéant à mettre en œuvre les décisions d'un groupe majoritaire, tout cela étant discuté au sein de notre exécutif municipal. Ces décisions sont le fruit d'une veille stratégique et non pas le fait du prince. C'est une façon de faire qui, je pense, réussit à notre ville ».
Sans surprise, avec seulement six conseillers d'opposition sur 33 élus, toutes les délibérations ont finalement été votées par la majorité.
Validation de plusieurs projets immobiliers communaux
Le conseil a également été l'occasion de faire le point sur différents projets immobiliers en cours sur des parcelles appartenant à la Ville, à travers le vote de l'autorisation de sondages techniques et de fouilles archéologiques préventives.
Isabelle Dufau a rappelé les enjeux du besoin de nouveaux logements sur le territoire. Trois projets majeurs ont été présentés :
- La résidence Grangette : Située en vis-à-vis de la boulangerie La Vitrine de JB et de la résidence Grândola, ce projet porté par le promoteur local Zeleia comprend des commerces, des services et 156 logements (dont 94 à caractère social).
- La résidence Les Jardins de Gaialys : Réalisée par la société basque Sobrim entre l'avenue Lénine et la rue de Conseillé, elle proposera 240 logements (dont 144 à caractère social).
- La réhabilitation du château de Castillon : Portée par le Comité ouvrier du logement, ce projet vise la livraison de 36 logements sociaux.
Les permis de construire relatifs à ces projets ont été délivrés entre le 13 et le 27 mars dernier, marquant ainsi une étape importante dans le développement urbain de Tarnos.
Ce conseil municipal du 2 avril aura donc été marqué par des tensions politiques autour des prérogatives du maire, tout en validant des projets structurants pour l'avenir du territoire. La question de l'équilibre entre efficacité décisionnelle et contrôle démocratique reste au cœur des débats locaux.



