Talence : Dernier conseil municipal tendu avant les élections du 15 mars
Talence : Dernier conseil municipal tendu avant les élections

Un dernier conseil municipal sous haute tension à Talence

La dernière séance du conseil municipal de Talence, ce lundi 23 février, a été particulièrement animée, résumée par l'adjoint au sport Frédéric Fargues comme étant "athlétique". Alors que la mandature actuelle touche à sa fin, les débats autour du rapport d'orientations budgétaires 2026 ont mis en lumière les profondes divergences entre les candidats à la mairie, Emmanuel Sallaberry et Isabelle Rami.

Un consensus de façade

Si la plupart des décisions, majoritairement techniques, ont été adoptées à l'unanimité, le consensus n'était qu'apparent. Les échanges se sont durcis entre la majorité du maire sortant Emmanuel Sallaberry, candidat à sa propre succession, et l'opposition menée par l'écologiste Isabelle Rami, qui conduira l'union de la gauche, incluant La France Insoumise, lors du scrutin unique du 15 mars.

Le budget 2026 au cœur des débats

Sans surprise, le débat autour du rapport d'orientations budgétaires 2026 a transporté la campagne électorale directement dans la salle du conseil. L'adjoint aux finances François Jestin a présenté un budget qu'il qualifie d'équilibré et ambitieux, soulignant :

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"Sans fragiliser les finances et pour la onzième année consécutive sans augmenter les taux d'imposition, la Ville est en mesure de maintenir un niveau élevé de services publics, et de poursuivre un programme d'investissement ambitieux, sans recourir de manière excessive à l'emprunt."

Il a mis en avant des dépenses de fonctionnement qui progressent moins vite que les recettes, une capacité de désendettement de dix ans et un plan d'investissement de 90 millions d'euros incluant des projets majeurs comme le Grand Peixotto-Margaut, le Château des arts, la modernisation de l'école Albert-Camus et une nouvelle cuisine centrale.

Des critiques acerbes de l'opposition

En face, Isabelle Rami a vivement critiqué cette trajectoire budgétaire, dénonçant un "budget d'affichage" et une "politique d'investissement insincère et cosmétique qui laisse de côté l'essentiel". Elle a pointé du doigt une "focalisation sur des projets visibles qui épuisent le service communication en inaugurations", citant en exemple le planétarium dont le coût équivaut selon elle à seize années de travaux d'amélioration de la sobriété énergétique.

Échanges tendus et accusations

Les élus d'opposition se sont succédé pour marteler leur message, au point qu'Emmanuel Sallaberry a ironisé en déclarant que "la chorale municipale recrute". Guillaume Garrigues, ancien membre de la majorité passé à l'opposition, a souligné que "les intérêts de la dette ont été multipliés par 2,5 (de 708 000 euros à 1,80 million) alors que l'ensemble des subventions aux associations est de 2,20 millions d'euros". François Jestin a répliqué sèchement : "Je vous félicite. Pas une seule minute, quand vous étiez adjoint, nous n'avons parlé finances, je découvre votre appétence après avoir voté huit budgets."

L'heure des choix approche

Après des échanges tendus avec Monique de Marco et Isabelle Rami, et un hommage aux élus disparus ou ne se représentant pas, François Jestin a conclu en mettant les citoyens au centre du débat : "Ce soir, nous voyons vraiment nos différences. Les Talençais trancheront le 15 mars." Cette dernière séance a ainsi parfaitement illustré les lignes de fracture politiques qui traversent la ville à quelques semaines d'un scrutin municipal décisif.

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