Syndicats unis contre le travail le 1er-Mai dans les boulangeries
Syndicats contre travail 1er-Mai boulangeries

L'ensemble des huit organisations syndicales a dénoncé ce mardi le projet de loi du gouvernement autorisant les boulangeries et fleuristes artisanaux à faire travailler leurs salariés le 1er-Mai, avant son examen au Sénat à partir du 16 juin.

Une opposition unanime

« Grâce à nos alertes syndicales et nos mobilisations, la proposition de loi initialement envisagée pour permettre très largement aux entreprises de faire travailler les salariés le 1er mai a dû être abandonnée », rappellent les syndicats CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU à propos de la proposition de loi portée en avril par Gabriel Attal, ex-Premier ministre et chef du parti Renaissance, que le gouvernement avait renoncé à soutenir.

« Après que le ministre du Travail a indiqué que la loi actuelle sur le 1er mai ne serait pas modifiée, le Premier ministre s'est finalement empressé de déposer un nouveau projet de loi, confirmant l'obstination à répondre à la moindre des exigences patronales et à s'attaquer aux droits des salariés, jusqu'au seul jour complètement protégé du travail et de sa subordination », regrettent les organisations.

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« L'acharnement se poursuit »

Selon les syndicats, « l'acharnement sur le 1er mai se poursuit le 16 juin au Sénat, après un épisode extrêmement préoccupant du 1er mai 2026 où l'exécutif a franchi un nouveau seuil en accompagnant, si ce n'est en incitant, les infractions à la loi, au mépris de la séparation des pouvoirs, principe constitutif de toute démocratie ».

Alors que la loi n'a pas encore changé, le gouvernement avait assuré aux boulangers et fleuristes artisanaux qui faisaient travailler leurs salariés le 1er mai cette année, qu'ils n'auraient pas à payer d'amende en cas de contrôle s'ils les payaient double et que leurs salariés étaient volontaires. Pour les syndicats, « l'ouverture de la dérogation au principe du repos rémunéré le 1er mai constitue une première brèche, remettant en cause l'exceptionnalité de cette journée : à chaque fois qu'un principe est entamé, les dérogations s'étendent progressivement jusqu'à devenir la règle ».

« Pas un jour férié comme les autres »

« Le travail du dimanche en est une illustration éclairante, et, une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n'ont plus lieu d'être », explique le communiqué. Le 1er mai est le seul jour de l'année où les salariés qui travaillent parce que l'activité ne peut pas être arrêtée, comme dans les hôpitaux, Ehpad ou usines dont les machines ne peuvent pas être mises à l'arrêt pour une seule journée, sont payés double. « Le 1er-Mai n'est pas un jour férié comme les autres » pour les syndicats qui rappellent que ce jour commémore notamment la fusillade de Fourmies, ville textile du Nord, le 1er mai 1891, quand l'armée avait réprimé dans le sang une manifestation ouvrière réclamant la journée de huit heures.

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