Dans les années à venir, 9 000 milliards d'euros vont être transmis par les baby-boomers. Et puisque seulement quatre ménages sur dix touchent un jour un héritage, cette « grande transmission » ne fera qu'accentuer les inégalités si aucune politique ne vient réformer la fiscalité. Et ça tombe bien, il y a justement une élection présidentielle l'année prochaine.
Un héritage réservé aux plus aisés
Seul un Français sur sept a hérité de 100 000 euros ou plus, principalement de ses parents. C'est ce qui ressort d'une étude que vient de publier l'Insee, qui confirme combien les successions agissent comme moteur des inégalités – ce que Thomas Piketty dit depuis son ouvrage « le Capital au XXIe siècle » (Seuil, 2013). Et combien l'héritage n'est ni une question de « classe moyenne », ni de « petits patrimoines », mais bien de fortune.
L'Insee le souligne : seulement quatre ménages sur dix touchent au moins un héritage au cours de leur vie, proportion qui monte à un ménage sur deux chez les plus aisés. Pis, un tiers des successions sont inférieures à 8 000 euros, et la moitié entre 8 000 et 100 000 euros – donc, essentiellement exonérées d'impôts.
Un contexte inédit depuis Balzac
Or le contexte n'est pas anodin : 9 000 milliards d'euros (l'équivalent de trois fois l'encours de la dette française) s'apprêtent à être hérités en France, avec le décès des baby-boomers. Un montant qui est inédit depuis Balzac ! Et, sans action publique, cette « grande transmission » fera entrer notre pays dans une nouvelle ère d'inégalités.
La réforme fiscale en débat
Face à ces rentes futures, la perspective d'une réforme de la fiscalité et des droits successoraux monte dans le débat public. En tout cas à gauche (elle reste inenvisageable à droite). Dans son projet de programme pour la présidentielle de 2027, le Parti socialiste propose ainsi de créer un impôt sur les successions plus progressif.



