Le groupe de Jordan Bardella échappe à des sanctions financières
Le groupe Identité et Démocratie (ID), présidé par Jordan Bardella, a évité de justesse des sanctions financières pour des soupçons d'irrégularités dans ses comptes. Selon les informations de Libération, une alliance inédite entre les droites et l'extrême droite au Parlement européen a permis de bloquer une procédure qui aurait pu coûter plusieurs centaines de milliers d'euros au groupe.
Une enquête interne révèle des anomalies
L'affaire remonte à 2023, lorsqu'un audit interne du Parlement européen a mis en lumière des irrégularités dans les déclarations de dépenses du groupe ID. Selon des sources proches du dossier, environ 300 000 euros de dépenses n'auraient pas été correctement justifiés. Le groupe, qui rassemble des partis d'extrême droite européens, dont le Rassemblement National, aurait utilisé des fonds publics pour financer des activités politiques nationales, ce qui est interdit par le règlement du Parlement.
Une alliance des droites pour faire barrage
Face à ces accusations, une procédure de sanction était sur le point d'être lancée par le bureau du Parlement européen. Cependant, une coalition inattendue s'est formée entre le Parti populaire européen (PPE, droite) et les Conservateurs et réformistes européens (CRE, droite dure) pour bloquer toute action. "C'est un accord politique qui a permis d'éviter un scandale", a confié un diplomate européen sous couvert d'anonymat. Cette alliance a permis de reporter sine die l'examen du dossier, malgré les demandes des socialistes et des écologistes.
Des conséquences pour la crédibilité du Parlement
Cette décision suscite de vives critiques au sein des autres groupes politiques. "C'est un coup dur pour la transparence et la lutte contre la fraude", a dénoncé un eurodéputé socialiste. Les Verts ont quant à eux déposé une plainte auprès du Médiateur européen. Pour l'instant, le groupe ID nie toute irrégularité et affirme que les dépenses étaient conformes aux règles. Jordan Bardella, également président du Rassemblement National, n'a pas commenté cette affaire.
Un précédent dangereux selon les observateurs
Les observateurs estiment que cette affaire pourrait affaiblir la crédibilité du Parlement européen en matière de contrôle financier. "Si les groupes peuvent s'entendre pour éviter des sanctions, cela remet en question l'intégrité de l'institution", analyse un expert en droit européen. Le dossier pourrait toutefois être rouvert si de nouvelles preuves apparaissent.



