Les élections sénatoriales de 2026 ravivent les tensions au sein de la gauche niçoise. L'unité affichée lors des dernières municipales vole en éclats, et les anciens colistiers s'affrontent désormais publiquement dans les médias.
Deux anciens alliés face à face
Au cœur de la discorde : deux figures de la gauche locale. Julien Picot, patron des communistes azuréens et conseiller municipal d'opposition, et Jean-Christophe Picard, écologiste non réélu en mars dernier, étaient pourtant sur la même liste aux municipales. Aujourd'hui, ils s'opposent pour le scrutin sénatorial du 27 septembre 2026.
Jean-Christophe Picard a annoncé sa candidature. Mais Julien Picot refuse de le soutenir et promeut un autre candidat : Francis Tujague, maire PCF de Contes. Selon lui, cette candidature est la seule capable de rassembler la gauche.
« La meilleure candidature qui soit »
Sur le plateau de BFM Côte d'Azur, Julien Picot s'est montré offensif : « Francis Tujague, c'est la meilleure candidature qui soit. Ça ne souffre d'aucune contestation et je ne comprends même pas qu'on puisse avoir une logique différente. » Il insiste sur la nécessité d'une voix de gauche forte face à la droite : « On a besoin d'un sénateur qui porte une voix différente, de gauche, parce que dans ce combat droite contre gauche, on ne peut laisser place à aucune ambiguïté. »
L'élu communiste en appelle à la responsabilité de son ancien colistier : « Je réponds à Jean-Christophe Picard de faire preuve de responsabilité. On n'a pas de place pour satisfaire les ego des uns et des autres. […] On fait de la politique pour les gens. Et on n'est pas là pour faire des castings. »
« Son intervention est un peu lunaire »
Jean-Christophe Picard n'a pas apprécié ces attaques. Il qualifie les propos de Picot d'« argument un peu bête et méchant ». Il rappelle que la sélection des candidats est une fonction normale des partis : « Une des fonctions des partis politiques, c'est de sélectionner les candidats pour essayer de gagner. »
L'ancien patron d'Anticor, association anti-corruption, ironise : « Son intervention est un peu lunaire. […] D'ailleurs, honnêtement, pendant la campagne, je n'étais sur aucune photo, je n'étais sur aucune affiche, aucun tract, contrairement à M. Picot. Ce n'est pas grave, mais qu'on ne me dise pas que j'ai un ego surdimensionné, c'est un peu ridicule. »
Sacrifices et rancœurs
Jean-Christophe Picard, opposant actif à Christian Estrosi depuis 2020, rappelle qu'il avait accepté la sixième position sur la liste de la gauche-écologiste aux municipales, un « sacrifice nécessaire pour l'union ». Il ajoute : « Je n'ai pas été élu, d'ailleurs. Alors, je suis un peu étonné que quelqu'un qui a été élu grâce, justement, à ceux qui ont fait des efforts, soit aussi désobligeant. »
La querelle s'envenime et un troisième acteur s'invite sur les réseaux sociaux. Fabrice Decoupigny, ancien élu municipal écologiste, a lancé une pique cinglante : « Le PCF, c'est l'invité qui te bouffe les deux cuisses et le blanc de poulet en te laissant la mayonnaise pour la carcasse. »
Les sénatoriales de 2026 s'annoncent donc sous haute tension pour la gauche niçoise, minée par des divisions internes qui pourraient compromettre ses chances face à la droite.



