Saint-Laurent-du-Var : Joseph Segura réélu de justesse face au RN, une ville divisée sur l'urbanisme
Saint-Laurent-du-Var : Segura réélu de justesse, ville divisée

Saint-Laurent-du-Var : une réélection serrée pour Joseph Segura dans une ville profondément divisée

Le lendemain des élections municipales de 2026 à Saint-Laurent-du-Var a un goût de sursis. Le maire sortant Joseph Segura (Les Républicains) a été réélu de justesse face à son adversaire Rafaël Quessada (Rassemblement National - Union de la Droite), avec seulement 186 voix d'écart. Ce résultat arithmétique implacable révèle une ville coupée en deux, où l'abstention a atteint 40,14% des inscrits, ajoutant à la tension politique.

Un scrutin marqué par le ras-le-bol urbain

Pour les électeurs qui se sont déplacés, le message adressé à l'édile réélu est clair. Les préoccupations exprimées sur les trottoirs laurentins tournent autour de deux axes majeurs : un ras-le-bol face à la densification urbaine et une réelle angoisse quant au poids politique de la commune au sein de la Métropole Nice Côte d'Azur. Le maire Joseph Segura, selon de nombreux habitants, doit prendre ce résultat comme un avertissement sérieux.

L'urbanisme a cristallisé les tensions durant la campagne. Le bilan immobilier du maire crispe une partie de la population. Emmanuel, électeur de Rafaël Quessada, critique sans détour : « L'équipe en place depuis 12 ans a fait preuve de légèreté. La ville est devenue désagréable à vivre. Ça bétonise partout et les infrastructures ne suivent pas. » Karine, une autre électrice du RN-UDR, partage ce sentiment de suffocation : « On ne peut plus circuler. Avenue Général-de-Gaulle, on ne peut plus se garer, ça va faire mourir les magasins de quartier. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Même parmi les soutiens de Joseph Segura, des voix reconnaissent les limites. Martine, électrice du maire, admet : « Il a beaucoup bétonné, je trouve. » Pascale, une autre électrice LR, insiste : « Il faut garder l'identité de Saint-Laurent. Enfin, ce qu'il en reste. » Pierre, un habitant, résume l'ambiance : « Joseph Segura doit prendre le résultat comme étant un avertissement en se disant : “Il y a peut-être des choses sur lesquelles je dois réfléchir, mettre un peu d'eau dans mon vin et peut-être écouter davantage les critiques”. »

L'isolement politique au sein de la Métropole : une inquiétude majeure

L'autre grande inconnue de ce mandat concerne la place de Saint-Laurent-du-Var au sein de la Métropole Nice Côte d'Azur. Joseph Segura, proche de Christian Estrosi, se retrouve dans la minorité politique après ces élections, ce qui inquiète de nombreux citoyens. La question « Des projets majeurs pourraient-ils être gelés ? » revient fréquemment, notamment concernant l'arrivée du tramway.

Éveline exprime son scepticisme : « Il y a de grandes chances qu'on ne l'ait pas. » Pierre partage cette peur d'un coup de frein métropolitain : « Est-ce qu'ils peuvent revenir sur des grands projets qui ont été votés, mais peut-être pas budgétisés ? Il y a l'échangeur pour la RM 6202 bis, le tramway, etc. » Jean-Claude, un soutien du maire, reconnaît que « l'isolement politique peut faire des dégâts. Ça peut être un handicap. »

Face à cette équation complexe, certains habitants appellent au compromis. Martine suggère : « Je pense que les anciens adversaires devraient faire alliance. » Monique propose : « Joseph Segura va devoir se rapprocher d'Éric Ciotti. » Cependant, Dominique attend du maire réélu « qu'il se fasse respecter », refusant toute concession perçue comme une faiblesse.

Ce scrutin serré à Saint-Laurent-du-Var illustre les divisions profondes qui traversent la commune, avec des défis immédiats en matière d'urbanisme et de stratégie politique. Joseph Segura devra naviguer avec prudence pour répondre aux attentes d'une population partagée, tout en évitant l'isolement au sein de la Métropole.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale