Christophe Rivenq conserve la mairie d'Alès après un second tour serré
Ce dimanche 22 mars, dans la salle des États de la mairie d'Alès, le résultat définitif du second tour des élections municipales est tombé vers 20h30. Christophe Rivenq, maire sortant et successeur de Max Roustan depuis un an, a engrangé 6 920 suffrages exprimés, soit 55,54% des voix. Il devance ainsi Anthony Bordarier, candidat du Rassemblement national et tête de la liste "Rassemblés pour Alès", qui a concentré 5 539 électeurs, représentant 44,46% des votes.
Une célébration sobre et des remerciements appuyés
Avant de rejoindre ses partisans à Lou Regain pour célébrer sa victoire, Christophe Rivenq a pris la parole pour remercier et féliciter son adversaire. Il a déclaré : "Nous continuerons à œuvrer pour le quotidien des Alésiennes et des Alésiens", rappelant également qu'il avait entendu le message des électeurs. Le maire réélu a salué son prédécesseur et mentor, Max Roustan, en affirmant : "Sans lui, je ne serais pas là. Et il va m’accompagner encore durant de nombreuses années." Il a conclu son discours par ces mots : "À bientôt pour la suite de nos aventures. Je vous aime Alès."
Une abstention élevée et une campagne tendue
La victoire de Christophe Rivenq n'est pas un raz-de-marée électoral. L'abstention est restée haute, atteignant 50,19%, contre 49,54% au premier tour le 15 mars. Dès l'ouverture des bureaux de vote, la faible affluence était palpable. Daniel Canal, président d'un bureau à André-Chamson, s'est étonné de n'avoir vu personne à 8h50. Alain Bensakoun, adjoint et colistier de Rivenq, a constaté en milieu de journée que "ça vote moins", notant des différences entre les bureaux.
Max Roustan avait envisagé un pronostic autour de 60% pour Rivenq et 40% pour Bordarier, mais l'issue s'est révélée plus serrée. Lors du dépouillement, Christophe Rivenq, arrivé avant 18h30, s'est montré souriant et rassuré, précisant que des électeurs lui avaient dit avoir voté "de colère au premier tour" avant de revenir vers lui. Il a ajouté, au regard du score du RN à Alès sept jours plus tôt (26,44%), qu'ils avaient "nationalisé le premier tour ; on va voir s’il est localisé ce soir".
La fierté du candidat RN et l'impact du front républicain
Anthony Bordarier, bien que battu, a gardé le sourire en déclarant : "Je suis fier de mon résultat. C’est inespéré. C’est ma première campagne." Entre les deux tours, le candidat du RN a gagné plus de 2 050 voix, une progression attribuable en partie au retrait de Marc Infantes, qui a jeté l'éponge en début de semaine, libérant 1 793 électeurs. Les têtes de listes de gauche, Paul Planque (communiste) et Basile Imbert (socialiste), estiment que leur retrait et la formation d'un front républicain ont été décisifs. Paul Planque a souligné : "Il me semble, sinon c’était compliqué pour Rivenq", tandis que Basile Imbert a affirmé : "Ce sont mes 11% qui font élire Rivenq."
Une nouvelle configuration politique au conseil municipal
L'hémicycle municipal d'Alès va connaître une configuration inédite. Le Rassemblement national alignera neuf élus de la liste "Rassemblés pour Alès", contre un seul en 2020. Pierre Meurin, député RN du Gard, se félicite de cette "entrée en force" et évoque "une nouvelle ère sur Alès", avec le RN comme seule force d'opposition. Cependant, le front républicain formé par la gauche a pour conséquence l'absence d'élus de gauche au conseil municipal pour les six ou sept prochaines années. Max Roustan a commenté avec satisfaction : "Pour la première fois depuis 1929, il n’y aura pas d’élu communiste au conseil municipal. Et sept ans, c’est long !"
Cette élection marque donc un tournant dans la vie politique alésienne, avec une victoire modeste pour Christophe Rivenq, une montée en puissance du RN, et une gauche absente de l'assemblée locale. Les défis à venir incluront la gestion des attentes des citoyens dans un contexte d'abstention élevée et de polarisation accrue.



