Le ministre de l'Intérieur sur le site du Teknival
Ce dimanche 3 mai 2026, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu à Cornusse, près de Bourges, pour constater la situation de la rave party illégale qui a débuté le 1er mai. Originaire de Bourges, il était attendu par les festivaliers depuis la matinée. Depuis un point de contrôle des forces de l'ordre aux alentours du site, il a entamé sa prise de parole par un droit de réponse adressé à la socialiste Martine Tondelier et à l'insoumise Sandrine Rousseau, qui avaient critiqué son déplacement en le qualifiant de « répressif ».
Un rassemblement illégal
« Ces rassemblements musicaux sont soumis à des règles juridiques. Dès lors qu’un rassemblement musical dépasse 500 personnes, il faut le déclarer en préfecture », a rappelé le ministre. « Ce qui s’est passé depuis la nuit de jeudi à vendredi n’obéit à aucune de ces règles juridiques. C’est donc un rassemblement illégal », a-t-il ajouté. Il a souligné la gravité de l'occupation des lieux : « On est en zone agricole, il y a énormément de riverains, et en plus on est sur un terrain militaire ». Un terrain fermé au public et inadapté à un tel événement.
Les nuisances pour les riverains et les agriculteurs
Le ministre a balayé l'image de « gentils festivaliers qui ne créent aucune nuisance » et a dénoncé les perturbations : « Sur ce polygone, il y a des agriculteurs qui exploitent les terres et qui subissent du fait de la rave-party un très lourd préjudice. On a également des maires des communes qui ont constaté des stationnements sauvages. » En 2025, sur 337 rave-parties recensées, seules 4 % avaient dépassé les 1 000 participants et se déroulaient en toute illégalité.
La future loi Ripost et les sanctions pénales
En conclusion, Laurent Nuñez a rappelé la motivation du gouvernement à faire appliquer la future loi Ripost, qui vise notamment à criminaliser l'organisation de rave-parties. « Le fait que ce soit organisé sur une emprise militaire, c’est une revendication anti-militaire. Cette revendication ne fait que renforcer la motivation du gouvernement à mieux réprimer ce type d’organisation sauvage », a-t-il déclaré. Si la loi est adoptée au Journal Officiel, « organiser une rave-party maintenant ce sera un délit puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende », a assuré le ministre.
Au troisième jour du Teknival, les festivaliers étaient encore très nombreux : samedi soir, la foule a atteint jusqu'à 40 000 participants, avant de redescendre à environ 17 000 à 20 000 ce dimanche. Malgré la découverte d'un obus près du site et le déploiement de 600 gendarmes, aucun incident majeur n'est à déplorer. Cinq teufeurs ont été placés en « urgence absolue pour consommation de stupéfiants ».



