Une quadrangulaire historique à La Rochelle
Jamais, depuis plus d'un demi-siècle, les électeurs rochelais n'avaient été confrontés à une telle configuration. La présence de quatre bulletins de vote sur les tables des bureaux de vote au second tour des élections municipales constitue une véritable bizarrerie dans l'histoire politique de La Rochelle.
Une tradition d'élections au premier tour
Cette situation exceptionnelle peut se produire lorsqu'une forte dispersion des voix au premier tour voit plusieurs listes dépasser les 10% et refuser de se désister pour le second tour. Pourtant, force est de constater que ce cas ne s'était jamais présenté depuis l'arrivée de Michel Crépeau à la mairie en 1971.
Cette année-là, le jeune conseiller général radical du canton La Rochelle-Ouest avait remporté l'élection à l'issue d'une triangulaire l'opposant à André Salardaire et Philippe Dechartre. Il inaugurait ainsi un long mandat de vingt-huit ans, tragiquement interrompu par son décès en 1999.
L'ère des victoires au premier tour
Lors des quatre élections suivantes, en 1977, 1983, 1989 et 1995, Michel Crépeau, devenu entre-temps député puis ministre, fut systématiquement reconduit dès le premier tour sans inquiétude majeure.
Au printemps 1977, il obtint 66% des suffrages, ce que le journal Sud Ouest qualifia le lendemain d'"un des meilleurs scores de l'Hexagone". En 1995, alors qu'on anticipait un duel serré avec son adversaire de droite Jean-Louis Léonard, maire de Châtelaillon, il réalisa finalement un score solitaire avec plus de 58% des voix.
La continuité avec Maxime Bono
Son successeur, Maxime Bono, n'a guère connu de difficultés non plus, avec des victoires au premier tour en 2001 (67,36%) et 2008 (58,93%). Le 9 mars 2008, il se situait ainsi loin devant l'UMP Dominique Morvant qui n'obtenait que 24,51% des suffrages.
Le retour des triangulaires récentes
Les deux élections les plus récentes ont marqué le retour des triangulaires au second tour dans le paysage politique rochelais, tant en 2014 qu'en 2020.
Il y a douze ans, les trois protagonistes étaient Jean-François Fountaine (élu avec 43,68%), Anne-Laure Jaumouillié pour l'union PS-PCF-DVG et toujours Dominique Morvant pour l'UMP-UDI.
En 2020, lors d'un scrutin ultra-serré, c'est encore Jean-François Fountaine qui était sorti vainqueur avec 41,96% des suffrages face à un Olivier Falorni battu d'un souffle (41,10%) et à Jean-Marc Soubeste, qui est aujourd'hui le binôme écologiste de Maryline Simoné.
Cette quadrangulaire actuelle représente donc une rupture significative avec les habitudes électorales rochelaises, marquant un moment historique dans la vie démocratique de la ville.



