À moins d'un an de la présidentielle, le Parti socialiste (PS) reste orphelin d'un candidat pour 2027. Mais après des mois de chamailleries, les socialistes ont finalement avancé jeudi dernier : les adhérents ont tranché pour l'organisation d'une « primaire fermée » en octobre prochain, réservée aux seuls militants socialistes et à leurs partenaires, dont Place publique. Cette décision enterre la primaire unitaire de toute la gauche hors La France insoumise (LFI) que prônait le premier secrétaire Olivier Faure.
Un désaveu pour Olivier Faure
Olivier Faure tentait depuis plusieurs semaines d'imposer une primaire « unitaire » avec les écologistes de Marine Tondelier et les ex-insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Cette hypothèse, rejetée par Raphaël Glucksmann, a été balayée par plus de 55 % des votants socialistes jeudi soir. « Faure a été totalement désavoué. On n'allait pas se ridiculiser dans cette primaire de nains », tranche un cadre du PS. « Les militants ont choisi de reprendre leur souveraineté face à la stratégie solitaire du Premier secrétaire. Cela permet aussi de rallier Place publique… », ajoute-t-il.
Glucksmann salue la décision
Le futur vote sera donc réservé aux socialistes et à leurs partenaires, dont Place publique, allié au PS au Parlement européen. Des conditions favorables pour Raphaël Glucksmann, qui a salué la décision : « La voie choisie par les militants socialistes est la bonne », a-t-il déclaré dimanche, tout en s'en tenant à son calendrier : une annonce de candidature prévue avant la fin de l'été. « Nous étions opposés à une primaire ouverte, mais pas à un processus de désignation militante. Il n'y a pas un monde où on allait faire campagne sans le PS. Donc cette main tendue nous fait plaisir », confirme l'eurodéputée Aurore Lalucq, co-présidente de Place publique. Glucksmann sait qu'il ne pourra se passer de l'appareil socialiste, ses militants, ses élus et ses ressources financières.
Un crash-test pour Glucksmann
Avec un scrutin taillé sur mesure et le soutien des quelque 15 000 adhérents revendiqués dans son mouvement, Raphaël Glucksmann semble en position de force. Mais il devra passer par une « pré-campagne » face à d'autres candidats socialistes. Si Ségolène Royal et le député Philippe Brun sont les seuls déclarés, d'autres pourraient se lancer : le patron du groupe PS à l'Assemblée Boris Vallaud, Olivier Faure, voire Bernard Cazeneuve et François Hollande. « Ce scrutin ouvre la voie à Glucksmann, mais je ne suis pas certain qu'il ait déjà remporté son bras de fer. La campagne sera express, mais ce sera une vraie campagne, avec des déplacements, des débats... ça lui permettra d'éprouver sa candidature », assure le député PS du Val-d'Oise Romain Eskenazi. « S'il s'en sort, il sera renforcé dans les sondages et l'esprit des socialistes. Si ça ne passe pas, il vaut mieux le savoir avant le premier tour de la présidentielle », ajoute ce soutien de Philippe Brun.
Pas d'effet Glucksmann dans les sondages
Raphaël Glucksmann reste le mieux placé des candidats de la gauche hors Mélenchon dans les sondages. Mais depuis son débat raté face à Éric Zemmour sur LCI en novembre dernier, il suscite des doutes chez bon nombre de cadres PS. « On ne peut pas dire qu'il y a d'effet Glucksmann dans les sondages, sa candidature est loin d'être une évidence, souffle l'un d'eux. Cette campagne interne peut lui servir de crash-test. » Le bras de fer entre Glucksmann et le PS ne fait peut-être que commencer.



