Pissas ou Bouad : l'embarras du PS national sur le candidat gardois aux sénatoriales
Le vote interne du Parti socialiste dans le Gard ravive les tensions. Avec 90 voix venues de Tresques, la candidature d’Alexandre Pissas divise. Le national validera-t-il ce choix local ? C’est une épine dans le pied du parti socialiste national.
Le vote des militants gardois du PS, qui ont choisi Alexandre Pissas pour les représenter aux élections sénatoriales (127 voix contre 106 pour Denis Bouad, le sénateur sortant, et 48 pour Joseph Pronesti), doit être validé lors d’un conseil national à la fin du mois.
À Bagnols, 90 voix sur 92 pour Pissas
Or – et ce n’est pas nouveau – la personnalité du vice-président au Département divise. Une fois encore, et ce plus de dix ans après la publication d’un rapport sur les dysfonctionnements supposés dans la section de Bagnols-Campagne en 2013, le vote des électeurs du côté du fief d’Alexandre Pissas (Tresques, près de Bagnols-sur-Cèze) est pointé du doigt. « Sans les votes de Tresques, il aurait fini dernier ! » pointe un cadre du parti. En effet, sur les 127 obtenues par Alexandre Pissas, 90 proviennent de la section de Bagnols. « Il y a eu 285 votants gardois, dont 92 votants à la section de Bagnols qui regroupe désormais Bagnols ville et Bagnols campagne, détaille un autre cadre. Sur ces 92 votants, 90 ont voté pour Alexandre Pissas. Or, la section de Bagnols siège à Tresques et comprend de très nombreux militants de Tresques. »
« Denis Bouad n’a plus la priorité »
Cette surreprésentation des militants PS dans le secteur Bagnols-Tresques peut-elle suffire à dédire le vote des militants gardois comme cela avait été le cas en 2020 ? Pas si sûr. « Normalement, selon nos statuts, c’est le sénateur sortant qui se représente, explique-t-on au PS. Mais ce qui est compliqué dans ce cas, c’est que Denis Bouad a d’abord dit qu’il n’était pas candidat. Ça a lancé des candidatures alternatives. Du coup, Denis Bouad n’a plus la priorité de ce processus. Il va falloir savoir si le national respecte le vote militant et valide la candidature d’Alexandre Pissas ou s’il invoque la surreprésentation de Tresques dans le vote des militants pour justifier le choix de Bouad. »
Le conseil national du PS, appelé à se réunir le 30 juin, devra trancher… et se justifier. Malgré nos tentatives, ni Denis Bouad ni Alexandre Pissas n’ont répondu à nos appels.



