Périscolaire à Paris : Emmanuel Grégoire lance sa convention citoyenne « pour sortir le meilleur de l’intelligence collective »
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a lancé une convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école, réunissant 80 parents d’élèves. Cette initiative vise à lutter contre les violences dans le périscolaire parisien, alors que 78 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, entre le 1er janvier et le 3 avril 2026.
La réunion s’est tenue le lundi 18 mai 2026, à 18 heures, dans la grande salle du Conseil de Paris. Les parents ont été invités à échanger avec le maire jusqu’à 21 heures. « On vit une crise qui nous touche tous intimement », a déclaré l’édile, descendu de son fauteuil en surplomb. « On est tous animé par cette angoisse de l’incertitude et de l’atteinte faite à nos enfants. »
Enquêtes en cours dans les écoles parisiennes
Le sujet est brûlant. La veille, la procureure de Paris a annoncé avoir ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches. « À l’heure actuelle, au niveau des poursuites, nous avons eu trois ouvertures d’informations judiciaires et cinq convocations devant le tribunal correctionnel », a précisé Laure Beccuau sur RTL, ajoutant qu’un animateur avait été placé en détention provisoire. Emmanuel Grégoire a salué « ce premier mouvement de transparence de la justice, même s’il ne répond pas à toutes les interrogations des parents ».
Un plan d’action de 20 millions d’euros
Le maire avait engagé dès mi-avril un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat. Ce plan prévoit notamment de professionnaliser cette filière particulièrement précaire. « On souhaite renforcer le nombre d’animateurs titulaires et les temps continus pour les fidéliser », a précisé l’édile. Il a ajouté : « À Paris, il y a un taux de participation très élevé au périscolaire, mais nous avons une organisation avec les autres temps qui n’est pas cohérente. »
L’organisation de la semaine des enfants est le « sujet central » sur lequel Emmanuel Grégoire souhaite que les parents planchent pour « sortir le meilleur de l’intelligence collective ». Interrogé sur l’impact réel de la convention, il a répondu : « C’est une aide à la décision. » Bien que non expert du sujet, il a déjà un avis : « Je considère que l’organisation de la semaine, le fait d’avoir le temps périscolaire fragmenté en deux fois, crée un risque. » Il se dit favorable au maintien de la semaine à quatre jours et demi, contrairement à l’opposition de droite qui veut un retour à quatre jours.
Les parents s’interrogent sur l’impact de la convention
La question du « mandat délibératif » de la convention est revenue dans les premières prises de parole. « Y a-t-il un engagement que notre travail serve ? », a demandé Claire, mère d’un enfant en maternelle. « On fait des conventions citoyennes et après il ne se passe plus rien », a regretté Solène, mère de trois enfants. « La ville de Paris a besoin de vous entendre », a insisté Marine Rosset, adjointe chargée des conventions. « Ne vous censurez pas sur vos propositions », a ajouté Anne-Claire Boux, adjointe chargée des Affaires scolaires, promettant une « transparence totale ». Le maire socialiste a répondu : « Je compte sur vos recommandations pour nourrir notre travail et je viendrai vous rendre compte de ma décision », prévenant qu’il y aura des arbitrages, y compris financiers.
En conclusion, les parents ont écouté le docteur en psychologie sociale Jean-Baptiste Clerico et le directeur de l’association Léo Lagrange Animation Hervé Paugam. D’autres experts interviendront lors du prochain rendez-vous, les 30 et 31 mai. « Il y a du boulot mais j’ai bien compris pourquoi je suis là », s’est félicitée Angelina, mère de trois enfants. « C’est bien de penser aux rythmes scolaires, mais il faudra aussi mettre des moyens. » Pauline, mère d’un enfant de CM1, est sortie avec un « ressenti positif » : « Il ne peut pas s’engager mais il a été honnête. » Elle se dit « sensible au fait qu’il utilise un outil démocratique où on débat sans se battre ». Sauf demande de leur part, les parents ne reverront le maire que le 22 juin pour lui rendre leurs conclusions.



