Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a affirmé ce jeudi sur RMC-BFMTV que « nous aurons assez de professeurs » à la rentrée 2026 pour briser les pénuries chroniques. Il a toutefois nuancé : « Garantir que tel ou tel professeur n'est pas absent, et bien remplacé dans les deux heures, […] ce serait mentir, que de le dire. »
Car le problème des absences non remplacées s'aggrave. Entre 2018 et 2024, le nombre d'absences non remplacées a augmenté de 49 % en classes maternelles et élémentaires, et de 93,2 % aux collèges et lycées, selon un rapport du Sénat de juin 2025. En moyenne, une classe du primaire a perdu 2,2 % de son temps d'apprentissage sur l'année, et 7,4 % dans le second degré.
Des objectifs de remplacement loin d'être atteints
Le ministère s'était fixé pour objectif d'assurer 36 % des remplacements pour les absences de courte durée en 2024-2025. Dans les faits, ce taux n'a atteint que 11,7 %, selon un rapport de la Cour des comptes de décembre 2025. Pour les absences de longue durée (congés maladie ou maternité), le taux de remplacement était de 94,3 %, contre 97 % en 2018-2019.
Les causes des absences : santé et obligations
Les absences des enseignants sont principalement liées à la santé. Les congés maladie ont progressé de 41,3 % de 2018-2019 à 2023-2024, et les temps partiels thérapeutiques ont explosé (+250 %), selon les experts de la rue Cambon. Cependant, le rapport du sénateur Olivier Paccaud précise que « la hausse des absences pour raisons de santé correspond à une évolution globale de la société » et que les enseignants sont 13 % moins absents que les salariés du secteur privé.
Pour l'année 2024-2025, chez les enseignants du second degré public, les principaux motifs d'absence de courte durée étaient : santé (29,3 %), obligations institutionnelles (formation, concours, réunions pédagogiques : 15,5 %), actions éducatives (voyages et projets pédagogiques : 15 %), et autres congés (mobilité, bonifiés, annuels, administratifs, récupérations : 12,7 %). Ces absences ont accru les besoins de remplacement de 15 % depuis 2018-2019, mettant sous tension les viviers de remplaçants.
Pourquoi les remplacements échouent-ils ?
Plusieurs facteurs expliquent les absences non remplacées. La Cour des comptes souligne des « difficultés durables » de recrutement, liées au manque d'attractivité du métier. Par ailleurs, des remplaçants peuvent être affectés à des postes vacants à l'année, les rendant indisponibles pour des remplacements ponctuels.
Enfin, les moyens budgétaires alloués à chaque académie peuvent limiter les remplacements. Selon le secrétariat général de l'Enseignement catholique, des recours ont été formés auprès de l'académie de Créteil après que 600 heures de cours n'ont pas été remplacées depuis la rentrée 2025, alors que des suppléants étaient disponibles.
Pistes d'amélioration
Pour remédier à ces absences non remplacées, les experts recommandent de réduire les absences institutionnelles des enseignants, de déployer un outil informatique national pour la gestion des remplacements de longue durée, et d'instaurer une procédure-type obligatoire pour que les établissements communiquent mieux avec les parents sur les heures non assurées et les solutions de rattrapage.



