Philippe : dangereux si lui et Attal au premier tour
Philippe : dangereux si lui et Attal se présentent au 1er tour

Dans un entretien accordé au Monde, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre, a estimé qu'il serait "dangereux" pour la démocratie que lui et Gabriel Attal se présentent tous deux au premier tour de l'élection présidentielle. Selon lui, une telle configuration risquerait de diviser les voix et de favoriser l'extrême droite.

Une mise en garde contre la division

Philippe a déclaré : "Si Gabriel Attal et moi-même étions candidats au premier tour, cela créerait une situation dangereuse. Nous devons éviter de fragmenter le camp républicain." Il a souligné que l'objectif principal est de battre le Rassemblement national, qui pourrait profiter d'une dispersion des suffrages.

L'ancien chef du gouvernement a rappelé que lors de la dernière présidentielle, le premier tour avait déjà vu une multiplication des candidatures, ce qui avait affaibli la droite et le centre. "Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter cette erreur", a-t-il insisté.

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La stratégie pour 2027

Interrogé sur ses propres ambitions, Philippe n'a pas exclu une candidature, mais a conditionné celle-ci à une unité du camp modéré. "Si je suis candidat, ce sera avec la volonté de rassembler, pas de diviser", a-t-il précisé. Il a également évoqué la nécessité de bâtir un projet commun avec d'autres forces politiques, notamment celles de l'ancienne majorité présidentielle.

Cette déclaration intervient alors que Gabriel Attal, actuel Premier ministre, est régulièrement cité comme un possible candidat pour 2027. Les deux hommes, tous deux issus de la macronie, entretiennent des relations complexes, mêlant concurrence et respect mutuel.

Réactions politiques

Les propos d'Édouard Philippe ont suscité des réactions contrastées. Au sein de la majorité, certains saluent sa lucidité, tandis que d'autres y voient une manœuvre pour préparer sa propre candidature. L'entourage de Gabriel Attal n'a pas souhaité commenter, mais des sources proches indiquent que le Premier ministre reste concentré sur son action gouvernementale.

De son côté, l'opposition dénonce ce qu'elle considère comme des "calculs politiciens". Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a ironisé sur "les querelles de personnes qui affaiblissent le pays".

Selon un sondage récent, 62 % des électeurs de droite et du centre estiment qu'une candidature unique serait préférable pour maximiser les chances de battre l'extrême droite. Cette donnée conforte la position de Philippe, qui appelle à une "stratégie collective".

Les enjeux démocratiques

Au-delà des considérations tactiques, Édouard Philippe a insisté sur l'importance de préserver la démocratie. "La fragmentation politique nourrit le populisme. Nous devons offrir une alternative claire et crédible aux Français", a-t-il affirmé. Il a également plaidé pour une réforme du mode de scrutin, afin d'éviter que le premier tour ne devienne un "casse-tête électoral".

Cette prise de position intervient dans un contexte de défiance croissante envers la classe politique. Selon un baromètre récent, seulement 30 % des Français font confiance aux partis traditionnels. Philippe espère que son appel à l'unité pourra inverser cette tendance.

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