Le Parquet européen a ouvert en 2025 une enquête visant des élus de l'ancien groupe d'extrême droite Identité et démocratie (ID) au Parlement européen, soupçonnés de « détournement de fonds publics », « favoritisme » et « abus de confiance ». Des perquisitions étaient en cours ce mardi 30 juin 2026 « en France et dans d’autres pays européens », a annoncé le parquet européen à l’AFP, confirmant une information du quotidien « Le Monde ».
Des soupçons de dépenses indues de 4,3 millions d’euros
Le parquet européen avait déjà annoncé en juillet 2025 l’ouverture d’une enquête sur l’ancien groupe ID, soupçonné d’avoir « indûment dépensé » plus de 4,3 millions d’euros de 2019 à 2024. Ces fonds étaient initialement réservés à des actions en lien avec des « activités politiques de l’Union européenne » ou pour le fonctionnement du groupe, comme l’explique « Libération ».
Des perquisitions dans plusieurs pays
L’enquête a été ouverte pour « détournement de fonds publics », « favoritisme » et « abus de confiance » aux dépens du Parlement européen. Des perquisitions en lien avec l’enquête sont également menées en France, en Espagne, en Italie ainsi qu’en Belgique, selon les informations du « Monde ».
Des liens avec le GUD
Cette fois-ci, il n’est pas question d’assistants fictifs aux eurodéputés du Rassemblement national mais de larges sommes versées à des associations, sans qu’un lien avec les activités des parlementaires n’ait été établi, pour près de 700 000 euros en cinq ans. Mais également des contrats avec des entreprises proches des partis d’extrême droite – bien souvent sans appel d’offres – pour un montant de près de 3,6 millions d’euros. Parmi ces entreprises, on y retrouve notamment e-Politic et Unanime, renommée Europacomm, deux prestataires historiques du RN. Fondée par un ancien cadre du Front national Paul-Alexandre Martin, e-Politic est issue de la « GUD connexion », un réseau d’anciens membres du Groupe Union Défense (GUD), groupuscule étudiant d’extrême droite dissout en 2024, gravitant autour du RN. Tout comme la société Unanime, rebaptisée Europacomm, dirigée par Frédéric Chatillon, ami de longue date de Marine Le Pen et également ancien leader du GUD.
Le RN dénonce une « persécution judiciaire »
Des perquisitions s’ajoutent à la tourmente judiciaire du RN : la cour d’appel de Paris doit dire le 7 juillet si elle confirme l’inéligibilité de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens. « Comme à chaque fois, les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral. Nous n’avons rien à nous reprocher, et nous le montrerons », s’est défendu sur X le patron du RN Jordan Bardella.
Dans ce même post, l’eurodéputé s’est offusqué de « l’ouverture prochaine d’une information judiciaire [le] concernant, à la suite d’une plainte d’une association militante, à propos d’un emploi de quelques mois occupé au Parlement européen (…) il y a bientôt douze ans », citant une information du « Canard enchaîné ». Dans ce dossier, Anticor qui a porté plainte, estime que le président du RN doit répondre de ses activités pendant les quatre mois et demi en 2015 où il a été l’assistant parlementaire de l’eurodéputé Jean-François Jalkh.
Les perquisitions de ce mardi sont en tout état de cause vivement dénoncées par de nombreux élus du RN. « Nous triompherons de toutes ces infamies », a pour sa part déclaré sur X la députée du Var Laure Lavalette qui n’hésite pas à parler de « persécution judiciaire ». Sur le plateau de BFM TV, le député RN Jean-Philippe Tanguy s’est également étonné du calendrier, trouvant « troublant que cette affaire ressurgisse sept jours » avant que ne soit fixé le sort de Marine Le Pen concernant sa possible candidature à l’élection présidentielle de 2027.



