Une victoire solitaire dans une commune divisée
Dans une configuration électorale rare à cinq listes au second tour, Patrick Hivin, tête de liste d'En avant Saint-Jean, s'est imposé sans coup férir mais avec le soutien de moins d'un électeur inscrit sur cinq. Cette victoire intervient dans un contexte d'abstention massive atteignant 40,80%, soulignant la profonde fracture qui traverse la commune héraultaise.
Un parcours solitaire vers la mairie
Arrivé en tête légèrement détaché au premier tour, Patrick Hivin s'est retrouvé esseulé lors des discussions entre les sept listes qualifiées, alors que d'autres formations fusionnaient. Le dirigeant de PME a pourtant remporté neuf des dix bureaux de vote et devance de neuf points sa plus proche concurrente, Emmanuelle Mysona, qui obtenait 23,36% des suffrages.
"On est parti à trente-cinq, on arrive à trente-cinq. Personne n'est descendu du bus !", a souligné le vainqueur, entouré de sa famille et de ses soutiens dans la salle des Granges, bureau centralisateur. "On a fait un pari fou, ne pas faire d'alliance, mais on a un beau programme, une belle équipe et de super compétences. On va se mettre sans délai au travail".
La stratégie du non-alliance qui paie
La liste En avant Saint-Jean, présentée comme transpartisane, a amélioré son score de douze points entre les deux tours, passant de 20,36% à 32,36%. Une progression remarquable alors que les listes concurrentes, malgré leurs fusions, n'ont pas réussi à additionner leurs voix :
- Emmanuelle Mysona, alliée à Richard Plautin : progression de sept points
- Christophe Van Leynseele, rapproché de Florian Depret : progression de deux points seulement
Patrick Hivin sort ainsi vainqueur de cette curieuse élection où les candidats se distinguaient peu par leur programme et où les étiquettes politiques traditionnelles n'ont pas fonctionné. Les candidats affichant des nuances verte (Philippe Hippert), de gauche (Christophe Van Leynseele) ou de droite (Michel Masson) n'en ont tiré aucun profit électoral.
Un conseil municipal morcelé
Avec seulement quatre élus, Emmanuelle Mysona, qui siégera également à la Métropole de Montpellier, constituera le premier des quatre groupes d'opposition. Ce morcellement pourrait se traduire par des conseils municipaux agités, même si la nouvelle élue relativise : "Cela ne pourra pas être pire que précédemment. Il aurait fallu qu'on fusionne à trois, mais on n'a aucun regret, on va continuer à semer de petites graines !"
Le défi de l'apaisement
Après un mandat municipal fracturé, le nouveau maire fait de l'apaisement sa priorité absolue. "Je pense que les Védasiens l'ont compris, ont compris qu'il fallait une équipe stable et rompre avec les alliances d'un autre temps", a déclaré Patrick Hivin, qui a immédiatement remercié son équipe, sa famille et les agents municipaux.
Dimanche soir, le futur maire a placé "les rencontrer et les rassurer" au cœur de ses premières actions, conscient que la tâche principale consistera à réunifier une commune profondément divisée par des années de conflits politiques et une participation électorale en berne.



